Qui suis-je ?

Qui suis-je ?
Historique : 28 mai 2012, 8 novembre 2015 - "Embarcadères, débarcadères" | 8 novembre 2015, 2 août 2016 - "Histoires de Filles" | 30 août 2016, 29 janvier 2017 - "Qui suis-je ?" | 16 septembre 2017, 27 juin 2018 - "Renaissance" | 27 juin 2018 : Restructuration

07 décembre 2015

II. de mes Amours

Pour la première fois au coeur des Histoires de Filles, un Homme va nous compter ses Histoires. Il semble apparemment impatient de le faire. Si impatient qu'il ne peut plus se retenir. Excusons-le. Ecoutons-le.

J'étais jeune. Je ne savais rien de ce qu'était la Femme. Je découvrais avec passion les premiers émois, les premières élucubrations nocturnes, lorsque l'être aimé s'éloignait au-dehors des confins connus de la pensée religieuse et sexuelle. A ces époques, je me souviens que mon sexe m'apparaissait comme un outil futile et discordant : que chaque chose que je faisais n'avait aucun lien quelconque avec tout ce que les autres voyaient comme sous-entendu.

J'étais jeune. Et, malgré moi, je le suis toujours. J'ai découvert avec passion les premiers émois, mes premières aventures journalières, lorsque l'être aimé ouvrait ses yeux près des miens. A ces époques, je me souviens que mon sexe s'épanouissait en lambeaux discousus mais pour autant empreints de joie : que chaque chose que je faisais était pour ma Elle comme un Moi plein de sens ; entendu.

J'étais jeune. Et je le suis toujours. J'ai découvert avec passion la mort et l'oubli, le mensonge et la honte, la haine, la négation - pour certain - du pardon ; lorsque l'être, qui avait été aimé, pensait trouver ailleurs tout ce que j'avais déjà créé pour lui. A ces époques... à ces époques... je me suis envoyé en l'air, explosé l'âme et l'esprit, ai laissé derrière moi ma jeunesse, tué pour rien, et, surtout ; surtout ! j'ai oublié qui j'étais, qui je pouvais être ; à quel point je pouvais me voir dans une glace en sachant que tout allait bien.

J'étais jeune. Et je... je... qui suis-je ? comment ? une ombre ? mais vous ? vous ? quel âge avez-vous ? et puis, quoi ? qui vous anime ? qui vous guide ? d'où venez-vous ? et Elle ? et Moi ? nous deux, où sommes-nous ?



30 novembre 2015

I. de la première femme

"Il faut cultiver son jardin."

Quand ils parlaient, avec leurs grands mots, je voyais dans leurs grands yeux de belles vérités ; de fantastiques choses que je pourrais, un jour, raconter à mon gamin. Et, tant que je pensais à mon frère, j'y croyais, à ces conneries, parce qu'elles prenaient sens tant qu'il était là. Il était beau et jeune, il fumait comme un pompier, il avait cette manière de plisser les yeux, de chanter cet om en son coeur intérieur qui me faisait vibrer.

Mon amant a fait la même chose des dizaines de fois. Il a écarté ses sourcils en des arcs vides, et je voulais tellement voir plus : le voir se distinguer au milieu de la foule, écarter les connards qui lui marchaient sur les pieds, pousser du sien mon coeur vide, voire peut-être le ramener vers une sorte de conscience, mais il n'a pas su.

Je l'ai épousé.

Je ne saurai jamais expliquer pourquoi j'ai fait ça. Je crois que j'avais besoin.

Un coeur en perte de repères, un coeur seul, et - comme je le croyais à l'époque - malade, avait besoin d'un chevet au sein duquel tenir sa guilde. Je me suis trompée. J'ai côtoyé le mauvais type. Sans le vouloir, j'ai plongé ma propre famille au milieu du néant.

Enfin, pour conclure, j'ai le devoir de m'excuser : je veux m'excuser auprès de mon père, que j'ai trahi, auprès de ma soeur, que j'ai détruite, auprès de mes demi-frères et de ma demi-soeur, qui ne savent plus qui je suis, puis, auprès de ma mère, qui pleure chaque jour mon cadavre et ce choix funeste qui m'a entraîné aux tréfonds des abysses.

Et, enfin, je dois m'excuser en face de mon frère, le seul amant que j'ai jamais eu, qui n'a jamais prononcé un seul mot, qui a été digne du début à la fin, alors que je le poignardais par derrière, et que, sans un mot, je le laissais mourant sur les sols froids de ses divers appartements.

Je ne sais plus qui je suis vraiment ; je l'ai su un moment, mais, maintenant, je suis une forme en pensées. Ma famille, mes amis, laissez-moi seule, puisque je sais, au final, que je n'ai fait qu'un seul choix, et ce choix le voilà en quelques mots :

J'ai épousé le bon
 

28 novembre 2015

Ω. en toutes incidences, il y a malheureusement un Homme

Hier soir encore, alors que j'essuyais mes larmes, je repensais à ce qui me maintenait en vie : la fac', les potes, la retraite qui se profilait doucement, le sexe ; les enfants, mes chimères abouties, inabouties, le savoir ; quelques danses arrachées en été, des maillots de bain : des collants ! culottes, jeans, make up, des garçons, en boîte de nuit, quelques préservatifs tantôt humides, tantôt percés, beaucoup de feuilles, sur lesquelles j'allais écrire... des cours, des poèmes aux rimes insipides, mais tant pis, c'est quand même les miens, des cours, même si ce ne sont pas les miens, des retranscriptions vides de sens dictées par des hommes et des femmes pleins de sens, mais incapables de me le prouver, des dessins, des seins, les miens gorgés de lait lorsque j'allaiterai, une voiture sur la route dans laquelle je me trouverai, écoutant la piste quatre du disque que joue mon mari à ma gauche, mes copines et leurs histoires que je compare aux miennes, nos mésaventures sexuelles, mon désarroi total face à la mort, les rêves creux que j'ai le dimanche matin après avoir picolé la veille et chauffé des garçons ; l'incompréhension qui envahit mes hémisphères cérébraux lorsque j'essaie de communiquer avec mon père - la joie soudaine et inexplicable qui me saisit quand je pense à ma mère ; l'euphorie maladive quand je me rends compte que je suis née orpheline ; la peur de mes nuits solitaires, loin de mon homme, parti travailler, mon homme, mon chéri, mon bébé, ma gaufre au sucre, la chocolatine qui emplit les heures silencieuses de ma courte existence, mon musclé en pâte d'amande, les membres qui me portent, son sexe aux contours violacés en face duquel toute résistance est vaine ; et puis l'arrière de mon crâne, ce faible tremblement qui jamais ne me laisse, me rappelle qui je suis, et puis moi dans la rue, moi à l'intérieur, moi chez moi, vernis à ongle, rouge à lèvre, douche et shampooing, après-shampooing, sieste la gueule ouverte, panini-sur-le-tas-avant-d'aller-bosser, moi et mes projets casse-gueule, moi toute seule dans les transports, avec le gros lourd qui me parle dans le dos, ou bien le gros bourré qui me suit à trois heures du mat', alors que toute seule j'ai supporté toute la nuit le plus con des types de la fête de Jean, et que j'ai picolé, et que j'ai souri, sans savoir ni à qui, ni à quoi ; et que j'y ai cru, sans même savoir envers qui, envers quoi ; que je me suis enfermée cent fois dans les chiottes pour pisser, me recoiffer, m'essuyer, me laver la gueule, me regarder dans la glace en me demandant si je suis ok ; si mes lèvres valent la peine d'être embrassées, si mes seins sont assez rebondis, et puis je me tourne à gauche, à droite, j'hésite, je doute, je ne sais plus, puis je me ressaisis : et alors je vois tout, je danse, je me sens bien, les ovaires en croissance orbitale, croissance incontrôlée, prête à accueillir et à donner la vie et l'amour ; et puis moi dans la cour de récré, gosse amusée amusante ; les coquillages, la neige blanche et fraîche, les fraises et les biscuits ; heures interminables assise derrière un bureau, à huit ans comme à vingt-huit ; un ordinateur en face des yeux... et puis internet et les séries, quelque fois drôles, souvent non, parfois tristes, souvent non, les mails et les nouvelles, les vidéos sans queue ni tête, les court-métrages et les blockbusters, les samedis soirs échangés autour de gamelles malsaines et les lundis en court-bouillon ; "court" "court" "long" "long" : le temps, qui m'occupe à chacune de mes actions, ce temps qui me happe et me bouffe, je croyais pourtant bien le connaître, personne ne nous avait mis en contact, mais je savais qui il était, depuis toute petite je le saluais nuit et jour ; et puis la fin, la toute toute fin, la toute toute toute fin, la seule chose qui me reste en tête, me trotte en tête, me suit et me hante :

"J'existe ; où es-tu toi, toi qui rêves et reposes en pensées, ton coeur délabré fixant le mien, lui caché derrière cette poitrine que les autres ne savent plus voir ?"

X. Pandore

"Dans la mythologie grecque, Prométhée vola le feu aux Dieux pour le donner aux hommes. Pour se venger, Zeus ordonna à Vulcain de créer une femme faite de terre et d’eau."

***

Un jour, j'ai eu comme une illumination : je devais écrire. "Il" ne savait pas trop pourquoi, ce petit bonhomme dans ma tête, mais je crois bien que lui et moi, nous étions d'accord pour ouvrir une nouvelle page au sein de la vie morose que nous menions alors.

Elle reçut des Dieux de nombreux dons : beauté, flatterie, amabilité, adresse, grâce, intelligence, mais aussi l’art de la tromperie et de la séduction. (...) on remit à Pandore une jarre dans laquelle se trouvaient tous les maux de l’humanité. On lui interdit de l’ouvrir. Par curiosité, elle ne respecta pas la condition et tous les maux s’évadèrent pour se répandre sur la Terre. Seule l’espérance resta au fond du récipient, ne permettant donc même pas aux  hommes de supporter les malheurs qui s’abattaient sur eux. C’est à partir de ce mythe qu’est née l’expression "boîte de Pandore", qui symbolise la cause d’une catastrophe.
le lien

***

Etant moi-même peu aisé financièrement, et peu aidé pour trouver des sources de revenu, j'ai très vite comparé mon destin à celui de cette première femme, cette Eve, qui devait, dans l'erreur originelle, voir naître la multitude ; multitude d'expériences, de connaissances, d'expérimentations ; de douleurs et de joies inconsidérables.
Pour le nom « Pandore », il peut y avoir plusieurs significations : « celle qui a tous les dons » ou « celle qui est le don de tous les dieux ».
le déni

***

Je ne sais pas trop qui a créé le dieu polythéiste qui m'habite : je crois qu'il est venu à moi de par lui-même. J'aurais préféré être protestant ; voire même musulman ! mais je n'ai pas voulu tout ce qui m'est tombé sur le coin de la gueule... enfin... soyons honnêtes...


A la fin, il ne restera plus qu'une seule chose : ce que j'avais été au début.

Une Pandore en son état, non pas aveugle mais bien en tension,

Dans l'attente de vos joyeuses redondances,

Amante en choeur,

Souple, le coeur,

Pandore n'ouvre pas la boîte,

Car les Femmes savent trop bien ce qu'elle contient,

Et à la fin, il ne restera plus qu'une seule chose...

 Un Paul dans une boîte

Qui dort ?

17 novembre 2015

IX. bein' alone

Tour de passe sur tour de passe-passe, j'arrive à me fondre dans une masse dont je ne connais même plus les bords. Je me repais de chaque mot, et chaque idée nouvelle me plonge au coeur d'un boui-boui sanglant et prolifique, à tel point que je ne peux plus quitter la foule sans me sentir mal et désoeuvrée.

A chaque tour, à chaque passe, les proies fondent sur les axes mathématiques de la pensée, sans qu'aucune de leurs actions ne puisse les délivrer du froid murmure qui couvre leurs corps et conduit leurs âmes au sein des trajets fugaces, qui les mènent vers les infinis froids des océans de la voie lactée.

Un, deux ; trois coups... c'est toujours le même type qui frappe à ma porte quand, bein' alone, je ne veux que m'endormir. J'ai beau lui parler et lui dire que je veux fermer les yeux, il ne s'arrête pas, tape encore, tape en touche.

Un, deux : trois coups. Comme au théâtre. Sinistre coïncidence.

Et tour à tour séduisants, les infirmes pénètrent mon foyer pour y dormir, s'y reposer. Je n'ai pas de cheminée, alors ils grelottent parfois, et je n'allumerai pas le chauffage : ça coûte trop cher. Pour autant, chacun à notre façon, nous rejetons très loin de nous nos idées noires et nos concepts variolées. Et la variole, c'est pour les pauvres.

Atours primant sur le reste, riches de gestes et grands d'Amour... je me rappelle de ce jeune soleil qui, une fois la main levée, avait jeté au-dessus de nos têtes des mots plein de l'avenir, cet Avenir dans lequel on croyait...

... et je repense à chaque fois à ce moment, où quelqu'un cria qu'on n'avait plus le droit, nous tous, de se l'accorder...


Aimez-vous

14 novembre 2015

VIII. Mon corps sali est en recherche de l'abruti idiot qui lui a mis une balle dans le dos

Je te cherche.

Je sais qui tu es.

Je sais où tu vis.

Mes gouvernantes indécentes savent ce que tu as fait.

A qui tu l'as fait.

Je te cherche. Je sais qui tu es.

Je sais où tu vis.

Je vais te trouver.

***

Je ne crois pas avoir pleuré en apprenant à quel point stupide tu avais été. J'ai surtout pensé à mon amour passé, puis j'ai nagé au travers du gruyère fumeux de ma pensée, des heures ; puis j'ai remonté le temps et je suis revenu aux heures où j'ouvrais mon esprit et mon âme à ton corps abruti.

***

13 novembre 2015

VII. PROMO PROMO PROMO

PERIODE PROMO.
PROMO PREMIER PRIX.
***
UNE CHANSON ECOUTEE, DEUX REGLES ECOURTEES.*
 



PERIODE PROMO.
PROMO PREMIER PRIX.
***
UNE CHANSON ECOUTEE, DEUX REGLES ECOURTEES.

VII. Katie, la super journaliste | épisode A

Salut à tous, je suis Katie, la super-journaliste. Je milite pour le droit des femmes tout autour du monde. En Afrique, en Afganystan, en Belgique et même chez vous, les femmes sous soumises à d'atroces souffrances de la part de ces bâtard de fils de putes d'hommes, et donc, on se doit de vous défendre.

Je vous présenterai via ce blog (merci la Boîte du Paul qui dort) une série d'articles qui vous permettront d'y voir plus clair en vous, et de mieux appréhender les comportements de ces coincés du cul d'hommes qui parfois vous battent (!).

Voilà l'épisode A.

***
 
Lorsque j'ai rencontré Jimmy, il était une bête apeurée qui se cachait dans une ruelle au coin de Lafayetstr. et Johnson av.. Nous avons parlé de longues heures avant qu'il ose jeter loin de lui son duvet puant de pisse et de sperme séché, et réponde à mes questions. Le micro tendu sous ses lèvres, la main tremblante, et le sourcil non-épilé (profession de journaliste oblige), je lui posais quelques questions.


Katie : "Jimmy, voilà cinq ans que vous avez quitté New York après ce triple viol sur un mannequin. Qu'avez-vous appris ici ? et pourquoi ce départ ?


(Jimmy se fait pipi dessus, étend ses doigts sous son pénis lorsque l'urine coule, ramène ses doigts à sa bouche, goûte l'urine, puis à son nez, sent l'urine, puis se recoiffe avec son urine :)


Jimmy : "Vous savez, Katie, le plus dur dans le viol, ce n'est pas tant de violer... c'est de savoir que l'on viole. Un mannequin, c'est la pire des choses à violer : ça n'a pas d'âme. On fait face à soi, à ses défauts. Quand je violais des enfants ou des femmes mineures, la police ne m'interpellait jamais. Je sais par un ami ce qu'ils disaient sur moi : "ah ? Jimmy viole des femmes ? ah ah ! LOL ! allons boire un café", ou bien : "ah ? Jimmy viole des Ewoks ? eh bien ! ça me donne une idea : allons voir le dernier Star Wars !".


K. : "Je ne comprends pas trop. Dites-vous ici (are you saying) que personne ne s'intéressait à vous en tant que violeur ?"


J. : "Non, ce que je dis, c'est qu'ils voulaient que je sois un violeur modèle : que je viole des femmes. C'est comme ça que je me suis mis aux mannequins. Et je ne regrette rien."


(silence : Jimmy passe sa langue sur ses lèvres, et se met un doigt dans le nez. Katie déglutit puis se gratte le sourcil gauche)


K. : "Vous avez passé quinze ans en prison, il y a quinze ans, pour avoir dit sur Facebook que "les réseaux sociaux, c'est du caca", je cite. Depuis, avez-vous fait preuve de rédemption ?"


J. : "Oui, je me suis inscrit sur Twitter."


K. : "Twitter America ?"


(Jimmy trésaille)


K. : "Twitter America ?"


J. : "Non... Twitter Belgium"


K. : "Effectivement... on dirait bien que vous avez un problème avec la petite enfance."

***
 
Comme vous pouvez le constater, les dangereux hommes sexuels sont partout. Je ne saurais vous recommander qu'une seule chose : vous abonner à ma chaîne pour suivre mes prochaines émissions et ainsi savoir comment vraiment prendre soin de vous face à la menace qui rode alentours.
 
L'Homme est un loup pour l'Homme, c'est sûr. Mais la femme, dans tout ça, n'est pas concernée, et je crois qu'il faut vraiment que cet "Homme" comprenne que notre société doit s'épanouir loin de lui.
 
C'était Katie, en direct de chez moi.
 
Merci à LBDPQD.

VI. pour moi, la guerre n'est qu'une pouplée plastifiée, néocortex : nous voilà !

Le type qui m'a dit qu'il vendait son poumon gauche est mort ce matin. On était en contact depuis à peu près dix mois, ça devait se faire. J'ai pas trop compris comment, ou pourquoi, mais j'ai reçu ce simple SMS :

"jss mort lol ton pmon tu tle fou ds lcul mdr"

Il a joint une phot Instagr*** de lui mort, avec son poumon, sous le bras, comme s'il caressait un chat. Le truc était sanglant, suintant de lymphe ; j'ai vomi sur mon iBerrysung 6b+ , je vais devoir en racheter un autre. Fanny m'a dit que, lorsqu'elle a vomi sur son Nokumia, l'écran a tenu bon. Peut-être que je devrais changer pour cette marque. Je sais pas s'ils ont Candy Burst dessus... et puis je suis pas sûr que Sébastien aime assez ce type de portable pour avoir envie de me baiser quand il me verra trainer mes doigts dessus dans le RER X.

J'ai rencontré demain Piotr, c'est un russo-français, enfin c'est ce qu'il m'a dit : "yé sou-i yousso-flancé". Il m'a dit qu'il connaissait un type qui connaissait un type qui... bref : le poumon gauche, c'est toujours possible. Je dois normalement voir EnjoyPho**** demain soir pour finaliser les derniers épisodes de notre tuto : "s'épiler l'omoplate gauche", on devrait faire un bon milliard de vues avec ça, ça va me ramener environ 15€ (34€ pour elle), et je crois que pour quatre ans de travail, 15€, c'est pas cher payé. Je suis vraiment contente d'avoir enfin réussi à comprendre la valeur de l'argent et surtout, comment en gagner bien plus que tous ces ouvriers stupides et aphanalbêtes. Je crois que je commence à devenir adulte.

Cher journa... non, pardon, je m'égare. Je suis pas encore blonde.


Bref, le type qui m'a dit qu'il me vendait son poumon gauche est crevé. Pourtant, je me souviens de lui. Je sais pas, j'arrive pas à l'oublier. Ca me suit, partout, quand je marche, quand je pense à son poumon, en moi, quand je pense que, lorsque je respire, lorsque je parle, lorsque je chante, je parle un peu de lui. Ca me vient en tête, tout le temps, et pour autant, j'ai pas l'impression d'avoir triché, j'ai pas le sentiment de m'être foutue de ce gars mort... je me souviens de ce qu'il me disait, tout le temps, quand je lui demandais d'ouvrir grand la bouche pour espérer voir, derrière la luette, un petit bout de son poumon - je ne voyais rien, pas de poumon :

"Pour toi, la guerre n'est qu'une poupée plastifiée."

Je ne sais pas trop ce que ça veut dire, mais j'ai brûlé Ken dans la cheminée il y a bien des années.

lol

11 novembre 2015

V. la vacuité de l'âme chez la femme

Des trois apparitions que l'esprit humain est capable d'engendrer, trois valent le détour.

Au-delà de cette constatation stupide et mortifère, un détail marque surtout le grand public.

Au travers du fait, mêlé au détail, on dégage une substance qui a une certaine valeur, et qu'on appelle...

éther

***


L'éther est la raison première de l'abandon chez la femme. Non pas parce que la femme est incapable de saisir la nature première de cette matière ; non : pas du tout. Mais bien parce que le composant, transposant au possible, transparent au possible, est indigérable et invomissable pour quiconque l'ingèrerait. La femme, donc, transposée dans ce melti-pot (pour ne pas dire "melting-pot") cruel, n'y trouverait aucune source tangible de repos.

Je crois bien que c'est cette distinction première qui effraie les hommes, et je pense que tout ce qui effraie les hommes m'intéresse. A partir du moment où ce sont de vrais mecs. Je crois que, nous tous, vous me lisant, ou vous morts, satinés du foie, de l'hémisphère droit, voire même du cortex néo-niquesamère-préfrontal ; nous avons une même idée en tête : la destruction totale du monde et de l'espèce humaine.

Si je vous disais, par exemple - par exemple, hein - que moi, non, tout va bien pour moi - bon, d'accord, y a des problèmes, etc., m'enfin bon - si je vous disais que tout va bien ; vous feriez quoi ? vous me tireriez une balle ?

Non. Vous le feriez pas. Pas parce que vous êtes stupides. Parce que vous ne l'êtes pas, justement. Et américains, encore moins. Le tout, c'est de savoir qui l'on représente.

La femme, de tous temps, a su qu'elle était stupide et bête. Et elle a su que l'homme pouvait la protéger, parce qu'il était stupide, mais pas bête. L'homme n'a jamais eu besoin de quelque chose pour avoir d'enfants.

L'homme a toujours eu pour but de survivre.

Vous, vous n'en avez cure. Les enfants seuls importent.

09 novembre 2015

IV. l'histoire des soeurs qui ne s'aimaient pas

I. un homme seul

Un type marche le long de la route. Un walk-man sur les oreilles. Du Balavoine. Lucie.

Une voiture passe. Deux. Deux, trois.

"Faut qu'tu comprennes" chante le chanteur au coeur des oreilles du type.

"Que tu te souviennes."

Le type lève le pouce. La bagnole s'arrête. Nationale 2, vers Quimpers.

"Vous allez où ?

- Paris ?

- Ah... je change avant. Je vous emmène si vous voulez.

- Excusez... vous changez après plutôt, nan ? Aux portes nantaises ? vous me laissez à Nantes ?

- ... ouais, ok, pourquoi pas."

Le type monte.


II. le tueur sur la route

"Hein ?

- Ouais, toi, fils de pute, viens voir."

Le gars continue de marcher, ne détourne pas le regard. Les rues de Rennes sont sombres et glauques, les nanas qu'il a laissées sont bien loin : s'il y a un viol, ce sera lui la victime. Mais enfin, il n'y aura pas viol. Nous sommes en France, après tout.

"Eh, pédé. Viens voir."

Il ne tourne pas la tête. La main qui s'abat sur son épaule. Il a compris. A la vie, à la mort. On raconte qu'à Lille, dans le Nord, il y a des hommes et des femmes qui sombrent sous les coups des connards abrutis qui, perdus, n'ont rien d'autre à faire que de se chercher au coeur des reins de leurs alter-égos ; car, comme disait Gainsbourg : "tu vas et tu viens, entre mes reins, et je me retiens". Enfin, "bref", c'est une autre histoire, un autre espace-temps, et pour l'instant c'est grave mal barré.


III. l'incohérence

Il sniffe un nouveau rail de coke. Il se souvient d'elle, qui le regarde au travers du prisme de ses souvenirs. Emma lui disait, à l'époque, que devenir fou c'était devenir soi.

Devenir soi... devenir soi le soir... combien de mensonges faudrait-il créer et crier à la face du monde pour, qu'enfin, le monde soit capable de croire en nous ? Ne pas avoir de vagin n'était pourtant pas source d'une quelconque déclaration de guerre... ne pas être fou non plus. Enfin, finalement, être clair sur ses pattes et sobre dans sa tête, malgré les litres ingérés, ne ferait pas de nous des humanoïdes acceptés par la Société, consciente et vulnérable. Nous serions les spectres stupides. Eux étaient déjà bien loin. Incohérence.


IV. Apparition

A l'heure du deuil, voilà que renaissent les horaires tumultueux qui détruisent tout être abord ; voilà que renaît le connard languissant qui dit toujours : "je t'aime" ; cet abruti malheureux qui ne fait rien d'autre que de te suivre, ce bâtard mourant et défaillant qui pourtant... pourtant... pourt... p...

...

... n'a jamais cessé de t'aimer.


V. La musique

Il joue une musique.


***********************************
 PS : "as a Zelda fan" ; je me dois de supporter ce beau gaucher talentueux, désolé mon petit blog.

08 novembre 2015

III. Ma Rivale

Après avoir appris que j'avais un vagin, et bien avant de savoir m'en servir, j'ai vécu une chose que vous, pauvres hommes stupides et ignorants, vous n'avez jamais connu : j'ai eu des ennemies. Uniquement des femmes, comme moi.

Pourquoi nous battons-nous ?

...

..

.

Je ne sais pas.

Non, vraiment, je ne sais pas. Nous nous battons entre nous parce que... parce que... nous sommes des femmes.

Eh oui... personne n'est parfait.


II. Je tue qui parle de moi

"Salut." 

Putain... elle est vachement mignonne... de jolis yeux, un joli nez, un joli front, une belle démarche, un coude qui se pose élégamment sur le bar, et puis elle tient debout, elle a pas trop bu, ça se voit, elle va prendre un bon truc, genre un vin blanc ? non, une bière blanche plutôt ? ou bien un shot. ouais c'est le genre à s'amuser, c'est le genre à prendre un cocktail tapé, type mojito-capirinho-swimmingpool-menthe.

"Excusez-moi ?

- Oui ?

- Oui ?"

Elle s'approche du barman et commande trois bières. Le type ne la quitte pas du regard.

Elle réceptionne les verres. Sourit au type. Lui sourit à lui. Disparaît.

Putain... trois bières... trois bières... où elle va ? qu'est-ce qu'elle fait ? avec qui elle est ? 

***

"Hé...


- Quoi ?

- T'as maté l'abruti qui t'as pas lâchée à partir du moment où t'es arrivée au bar ?

- Ouais..."

Elle pose les trois bières.

"Grave chiant."

L'autre rigole, tire une latte sur sa clope, tourne la tête vers la droite, et jauge son pote pédé dans les yeux. Brian acquiesce, un rictus imbécile sur la face. Elle comprend, et la regarde, puis :

"Les mecs, tous des gros cons, hein..."

L'espace d'un instant, elle voit la réalité en face, mais elle ne sait plus ce qui vaut le mieux : retourner vers ce gros connard de fils de pute et répondre à son bonjour... ou bien rester avec ces amis qui n'en seront jamais, et feindre toute sa jeunesse l'amour, la vie, et la fraternité.

Au fin fond de sa cervelle douce et blanchie, en écho résonnent ces quelques mots :

je tue qui parle de moi

I. Amour

Aucune femme n'a jamais aimé.

Messieurs, tenez-vous le pour dit : je vais raconter ici des choses que vous, les hommes, ne savez pas. Ces choses, je les sais parce qu'un simple fait nous distingue, vous et moi : l'amour. L'amour de la femme pour ce qu'elle est, et non pas pour ce qu'elle représente. Nous sommes très peu dans ce cas, et, étant qui plus est d'un groupe sanguin rare et d'une main dominante qui ne l'est pas, je pense être le narrateur idéal pour vous guider au-delà des faux-semblants et des branlettes inutiles de nos contemporains babas et illettrés qui pourtant font de leur vie un feuilleton indispensable pour la télévision que vos yeux abrutis ne cessent de regarder.

Enfin, bon. Je ne dirai pas "bref", ça me fait trop penser à cet abruti de Khojandi qui a cru qu'en racontant sa vie de merde il parviendrait à baiser des nanas.

Non, ici nous évoquerons le sujet tabou des quinze dernières années : les femmes.

Aucune femme n'a jamais aimé.

On mettra de côté les paydays et les abasourdis, c'est bien un NOME qui vous parle.

Si vous jetez un oeil à TOUS LES ARTICLES CI-DESSOUS, tenez-le vous pour dit : ILS FONT PARTIE DES "EMBARCADERES-DEBARCADERES". C'était la première partie de La Boîte du Paul qui Dort.

Tout ce qui commence ici concerne donc le sujet suivant : HISTOIRES DE FEMMES.

Si vous n'avez rien lu plus bas, vous n'avez rien raté : tout commencera pour ce nouveau sujet à partir de maintenant.

Si les embarcadères-débarcadères vous intéressent, je vous conseillerais volontiers de remonter au tout début de ce blog (article 1), là où tout commença.

Si vous êtes un NOME et que vous ne connaissez rien aux femmes, vous pouvez me suivre : je vais tout vous montrer.

Et si vous êtes une femme, et que vous savez tout sur vous-même... vous pouvez me suivre : je vais tout vous montrer, à nouveau, à la fois sur ce que vous n'avez jamais pu voir à propos de vous ; et puis à propos de ce que vous n'avez jamais cru possible quant à vos futurs envisageables.

Faites comme chez vous dans les Histoires des Femmes.

P.A.G.P.
**********************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************JEDORS**********************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************oùestmafemme?*************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************


**********************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************JESORS**********************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************oùestlafemme?***************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************

31 octobre 2015

La Toute Toute Toute Fin

Je dors.

... je m'endors...

...


...


...


...


...


...


...


...


...


La taille de ma bite



La bestiole remonta le long du mur d'enceinte, lentement, en s'appuyant sur ses 99 pattes velues d'insecte, tandis que la lumière du projecteur que tenait Cendrah balayait l'arête de la brique qui s'effritait sous les assauts ininterrompus du vent violent et maussade qui soufflait dans les plaines du nord.

"En deux temps, trois mouvements, souffla Pascal, le grand frère de Cendrah.

- Un deux trois, un mouvement, rétorqua-t-elle.

- Sauf que l'ombre n'est que psyché."

Ils rirent tous les deux.

L'insecte, n'y comprenant rien, refusa de continuer à faire partie du scénario, et le film s'arrêta.

***

Alors que je continue de marcher au détour des rues, je sens mon esprit qui se dégrise et se débride, comme une substance en puissance qui s'exprime et détruit tout ce qui l'entoure ; oui : détruit tout ce qui l'entoure. J'ai vu le monde plusieurs fois, dans ses moindres détails, en long en large, et je l'ai embrassé puis vomi, plusieurs fois, et je l'ai refusé et accepté, en même temps, sans comprendre que par là-même j'étais forcé de faire du corbeau qui m'accompagnait une partie intime de moi - peut-être ma merde, qui sait ? qui chierait des oiseaux ? enfin, bref, qui poserait ce genre de questions ? vous ?

Et pourtant, je continue de marcher, sans jamais n'être effrayé par autre chose que moi-même, lorsque mon reflet sombre apparaît sous le trait de mon regard, lorsque je constate que mon corps difforme fonctionne toujours, lorsque je salue avec amertume le dieu souverain qui tait mes erreurs.

Il sera temps un jour pour moi de faire un tour par l'échafaud, pour y croiser mes frères et mes soeurs disparus, et à ce moment-là, bêtement, je pense que je n'aurai qu'une envie : celle de baiser la main de l'abruti d'humain qui nous aura marché dessus.

18 octobre 2015

Le Dernier Tour de Vis

"Sais-tu au moins à qui tu t'adresses ?"

La pensée résonna en échos au travers du cerveau du lecteur. Rebondit une ou deux fois autour des lobes hémisphériques, puis se parachuta vers le colon. Rectal. Une idée de merde qui allait donner envie de chier. Ou bien, peut-être, une fugue spiritique qui atteindrait la tête pour qu'une idée s'y mette en marche.

En une, ou deux secondes, le commun des mortels associerait la phrase à celle que prononce le Héros quand, très énervé, et après avoir descendu la quasi-totalité du camp ennemi, il s'adresse à sa Némésis et renverse la balance, drapeau américain bien en vue. Il snifferait un ou deux rails de coke dans le film, bien sûr, pour être tout juste à la limite beyond good and evil. "With a tear in my eye" comme dirait K-Maro.

Le problème est que cette sentence est pourtant bien acceptable, dans le réel, quand on parle de moi. Et le vrai problème est que, la plupart du temps, ces gens plongés dans leur réalité n'ont cure de ce que je leur répète quand, impolis ou impotents, ils tentent vainement de briser leurs barrières en attaquant un être qui ne fait pas partie de leur monde.

Quand, pensant que quelque chose les menace, ils recréent à partir de leurs songes des mondes inconnus, ou donnent à une blonde le pouvoir de parler aux dragons, ils ne réalisent pas qu'ils avouent de facto leur propre faiblesse, leur propre in-ca-pa-ci-té. Qu'ils se mettent en péril.

Après ça, après avoir voulu jouer aux beaux pour choper des gonzesses, venez pas me la faire à l'envers en vous croyant plus forts, ou plus conscients.

Quand votre série phare - qui entre nous pue la fiente - Game of [] aura vu sa fin arriver, et quand les Jeux de la Faim n'auront plus de suite, n'espérez pas que, une fois que vous viendrez sonner à ma porte pour des bonbons ou des bières, je vous accorderai un minimum de crédibilité. Vous serez à mes yeux des débiles ascètes et obnubilés par la société, persuadés d'être leaders de mouvements populaires et maîtres des règles de la communication, alors qu'au final vous ne vous révélerez que dans la poursuite intégriste et minable de vos intérêts propres.

Vous n'aurez alors plus d'amis.

Ils seront tous partis, par ailleurs.

Et puis ailleurs, aussi.

En fait, ils seront vous, à l'autre bout du globe, loin de vous, ici présent, et votre système soit-disant cool et sans failles se révèlera une matrice dénuée d'un quelconque sens.

Le plus important là-dedans, ce n'est pas trop de se rendre compte de tout cela.

Non, le plus important, c'est de se demander combien de vies détruites pour qu'enfin, tu puisses grandir.

Combien de fois tu fais chier le monde pour que dans tes yeux de bourgeois aviné, le monde te semble un peu plus proche.

Enfin, je pense qu'à cette heure-là, et quand tu lis mes lignes, tu ne te crois pas concerné.

Si ?


When the Sun is Born - Univers Parallèle

Les Vecteurs

"En mathématiques, un vecteur est un élément d'un espace vectoriel, ce qui permet d'effectuer des opérations d'addition et de multiplication par un scalaire. Un n-uplet peut constituer un exemple de vecteur, à condition qu'il appartienne à un ensemble muni des opérations adéquates."

Source : Wikipedia


En 2015, l'Homme prouva à l'Homme qu'il était capable d'atteindre de nouveaux cieux aujourd'hui perçus comme faisant partie intégrante de nos berceaux : les sphères reculées de la communication.

On avait fait de l'Information, des Médium, des Echanges, de libres penseurs qui devaient nous seconder dans notre quête effrénée - et interrompue - de liberté, de justice, de connaissance.

En 2016, lorsque la Première Guerre Economique débuta, ces modèles furent réduits à néant et rejetés à l'âge de pierre. Tout du moins pour la majorité du cosmos sociétal, qui dût oublier ici-bas ses réseaux sociaux et autres Twitter, que les armées du monde décidèrent d'interdire aux citoyens.

En 2017, les premiers cas de psychose collective se firent ressentir.

L'Homme agissant sans son corps face à lui-même n'avait plus d'autre choix que de revenir aux primordiaux, l'essor technologique, faute d'être arrivé à son terme, ne lui ouvrant plus les bras, puisque l'Homme agissant sans son corps ; mais aux faits du pouvoir, avait décidé qu'il lui fallait lui en barrer l'accès.

Dès 2019, ces groupuscules intégristes furent dénommés Vecteurs.

"Tout être vivant capable de transmettre de façon active (en étant lui-même infecté) ou passive un agent infectieux (bactérie, virus, parasite)."

Source : Larousse

Il fut rapidement mis en lumière que deux types de population étaient encore conscients des remugles qui agitaient la Terre : il y avait ceux qui se battaient, et ceux qui, faute de ne plus avoir sous la main ce qui auparavant leur agitait l'esprit, refluaient en saccades barbares jusqu'aux tréfonds même de leur être propre, et qui, s'y perdant, y perdait la tête et l'esprit.

En 2022, la Russie tomba aux mains des forces armées chiites, qui utilisèrent l'équipement militaire du pays pour faire tomber la majeure partie des pays européens, dont l'Allemagne. La France, par force de pactes et d'alliances viscellaires*; parvint à sauvegarder le maintien de ses frontières, puis envahit le Royaume-Uni et y créa une colonie sous le nom de Bonaparte III.

En 2102, bien après la guerre, un scientifique kurde impliqué dans la refonte du système sociétal des Nouvelles Nations Islamiques Unies (NNIU) prouva par la mesure que les Vecteurs avaient été responsables de la déviation soudaine du comportement des foules, et qu'ils avaient, par l'usage frauduleux et abusif des nouvelles technologies, précipité le Monde dans un nouvel ordre que nul n'avait anticipé.

A l'heure actuelle, en 2123, les guerres de religion existent toujours, mais plus personne ne parle de Facebook.

* néologisme, inspiré de "viscères" : action ne répondant à aucune morale sinon celle de la survie propre.

17 octobre 2015

Fin d'un cycle

Stop.

Arrêterez-vous un jour de me harceler avec vos pubs à la con ?

Stop.

Quand j'écris "stop", tu "stoppes", mais tu sais seulement pourquoi ?

Oh, erreurs funestes qui guidaient nos voies, réveillez-nous ; laissez-nous échapper au prisme qui enveloppe le commun des mortels.

En deux temps trois mouvements, je m'éclipse : je disparais ; il ne reste de moi qu'une onde surnageant, onde endormie, onde au final disparaissant au milieu des nénuphars du lac mort de ma vergogne assoupie. Moi qui connaissais auparavant autant de maux, et moi qui n'ai aujourd'hui plus rien à faire, trouverai-je une raison de me plaindre ?

08 octobre 2015

J'ai promis de ne rien dire

Parfois, le silence me prend à la gorge, comme une arme meurtrie qui voudrait se retourner contre moi. J'ai l'impression que mes démons m'en veulent et ont décidé de me pendre à leur place. Parfois, le silence m'engorge et je me sens désister l'endroit pour disparaître.

Je crois que je n'étais pas qu'une ombre avant, mais bien l'ombre de moi-même, aujourd'hui. Et j'avais dans les mains, et les pieds, et la tête, la même force qu'aujourd'hui, ou qu'hier, et ce même souffle me porte et nous emballe toi et moi jusqu'au bout de la terre, au bout du fin fond du monde, la où l'on raconte que les chutes d'eau terminent à la verticale et s'écroulent dans le néant.

Parfois, je me souviens que j'avais des rêves et que je les partageais, puis j'oublie tout, puisque mes rêves, maintenant je les vis, et je n'ai plus rien à espérer sinon qu'ils perdurent.

C'est peut-être ça qui crée notre malheur.

Ou bien l'universel tout autour qui nous rend heureux ?

De ce moment d'absence

Un temps, deux temps.

Je sais pas si je vais vomir maintenant ou dans deux minutes, pencher ma tête sur les chiottes de la voisine et m'excuser le lendemain.

Je sais plus où je suis. Dans ma vie, dans ma tête, ni dans mon corps ou dans mes rêves.

J'erre même pas, j'ai pas la force et le soutien pour.

Comment je peux réussir à écrire ici ?

Parce que je fais l'effort.

Je tape sur le clavier, j'aligne les mots, je reviens en arrière quand je me trompe - beaucoup ; je fais tout ça et ça me semble normal, parce que la finalité c'est de dire. Parler, dire, conter, raconter, enchanter, voire même tromper et mentir, moi je m'en fous, ça m'intéresse, ça m'intéresse pas, en tout cas j'y passe mon temps.

Manger, chier, crever, me rebeller ; je m'en fous. L'important, c'est de parler, de dire, d'en pondre une belle.

L'Histoire, une histoire, des histoires ; de chanter des mélodies inaltérées et inatteignables, inaccessibles au commun des mortels.

Eveiller chez les morts des rêves suspendus.

26 septembre 2015

Peux-tu s'il te plaît fermer ta gue**e ?

Tu es très aimable, très agréable.

J'apprécie te voir quand je sors et quand je rentre.

J'aime tes airs condescendants et tes manies obsessionnelles.

Tous les jours, je ris en pensant à ce que tu disais la veille.

Mais peux-tu s'il te plaît fermer ta gueule ?

Bisous

(m)enteuses

Je ne suis plus là.

Ca y était : Pierrot avait réussi à la laisser au seuil de l'appartement. Il avait galéré des heures, la tête prise entre deux eaux, le coeur dispersé, l'âme sûre d'elle, mais esclave du corps ; il avait finalement choisi.

Alors, Pierrot ? où en es-tu ?

"Eh, quoi ?"

Pierrot ?

"Oui ?"

Non, Pierrot, tu ne parles pas, tu es un personnage. Pourquoi tu parles maintenant ?

"Suis les consignes. J'ai le droit de parler pour quelques minutes. Ca va ?"

Pierrot se fait tabasser à coups de kalachnikov pendant que des centaines de migrants escaladent les barrières en criant "Ala-ak-ou-abar".

Pierrot court pour attraper le taxi qui l'emmène jusqu'à l'aéroport. La meuf-à-gros-seins qu'il a chopé au début du film veut le quitter pour épouser un slovaque qui investit dans le porc condensé en gélules, mais Pierrot a compris que ces gros seins étaient plus importants que sa carrière dans l'import-export. Donc, il court pour rattraper le taxi. Bon, on en est là, mais moi je vous retranscrit çà pêle-mêle, j'en sais pas plus, j'ai cru comprendre qu'il y avait une histoire avec une nana, moi généralement ces histoires je les évite, ça sent pas bon.

En vrai, c'est pas exactement ça, la meuf-à-gros-seins est un NOME, et Pierrot est une idée qui virevolte autour d'elle. Pierrot n'existe pas vraiment, de toute façon je l'ai dit plus haut : Pierrot est un personnage, donc je vois pas pourquoi vous me faites chier avec une quelconque logique, qu'il devrait être un type en vrai, ou je sais pas quoi d'autre.

Donc, bref, le type (la meuf-à-gros-seins) que Pierrot (l'idée) a chopé au début du film veut se barrer pour épouser un slovaque (Poutine) qui investit dans le porc condensé en gélule (VALIUM)., et moi j'y comprends plus rien. Je crois que c'est ça qu'on appelle l'Europe. De quoi je parlais déjà ?


Qui ça ? c'était pas moi

La Boîte du Paul Qui Dort ~|~ Troisième Quart-Temps


Générique.

Musique.

Femmes nues.

Qui ça ? c'était pas moi.

Vous aviez cru que j'allais faire les quatre quarts ? que c'était vrai ? qu'il y avait une discussion au sein du blogue, de la littérature cuisine, au milieu des entrechats du mec qui parle cuisine avec ses entremets tout prêts à déguster ? Vous pensiez vraiment que j'étais assez con pour divulguer un je-ne-sais-quoi de paranoïde entre mes lignes ?

TONP-TONP, signal caduque, vous avez fait erreur. Les embarcadères / débarcadères auront été une allégorie, mais n'auront jamais rien représenté de mon être. Alors que le dernier tome de cet aventure se clôt, je vous présente mes misères et mes infortunes, et vous explique le pourquoi du comment.

Embarquez, venez vous faire doucher (lol)

1. de la teneur des propos

TOUJOURS faire croire au lecteur qu'il est la cible. J'ai écris des dizaines d'articles ces dernières années, et mon but avoué était de mettre le lecteur au premier rang. Pas de faux semblants, ni d'exactitudes : l'intérêt était bien de parler de vous à travers ce prisme que j'appelle moi. Donc pas de mensonges, ou de sodomies forcées ; j'ai été honnête, et j'ai rassemblé sous ma plume les sujets qui fâchent, les galères qui perturbent, les envies subites et les profondes déceptions. A quoi bon mentir quand on n'a rien à cacher ? sauf si l'on est un agent infiltré.

2. des moyens

TOUJOURS accepter la situation telle qu'elle est. J'ai apprécié utiliser Blogspot pour mes textes, puisqu'il y avait possibilité d'écrire. J'aurais eu besoin de faire un film, j'aurais peut-être choisi un autre média. L'intérêt étant de pouvoir se faire plaisir sans que cela ne coûte un centime. Chose qui est possible ici. On peut donc y faire croire à tout chacun que l'on vient de partout, et que l'on s'étend pour rien sur des sujets sensibles juste parce que le public alentour n'est pas réceptif. Si, après ces lignes, vous ne désactivez pas vos comptes Facebook, Twitter, LinkedIn, Instagram, ***porn et j'en passe, c'est que vous avez un gros problème.

3. de la liberté

TOUJOURS parler de la liberté aux gens qui vous entourent. Non pas parce que certains voudront confronter les avis, alors que cela est inutile, mais bien parce que c'est un éternel débat et que la question ne peut (veut ?) pas être tranchée. Dire qui l'on est, c'est dire qui l'on est pas, et c'est donc s'exposer à une série rédhibitoire de constatations morbides du type : "ah, tu n'aimes pas Facebook, alors tu es homosexuel" ou "savais-tu que le premier loup pour l'Homme n'est toujours que l'Homme ?", constatations on ne peut plus je-m'en-fous-t'esque et qui polluent le débat.

4. du moi

TOUJOURS mentir quant à soi. Le monde s'en fout que vous ayez été kayakiste professionnel, ou jongleur de haut niveau ; boxeur suédois ou proxénète à l'échelle belge. Ce qui intéresse les gens, ce sont des considérations inutiles qui concernent le moi. Comme :

                                                                                    b. comment fais-je caca ?
                                         z. le trajet du métro ?
                                                                                                æ. est-ce que les migrants vont renter en Australie ?
             a. moi j'ai eu un 7/20, et toi ?

5. s'oublier

TOUJOURS penser que, un jour ou l'autre, un bon gros connard viendra vous rappeler qui vous êtes, juste parce que ça le fait kiffer, et juste parce que ce jour-là, il n'avait rien d'autre à faire, à part se torcher. C'est là la question essentielle. Puisque, de toute manière, il y aura toujours de gros connards, et puisqu'il ne sera jamais possible de les éviter, la question est :

Qui ça ? c'était pas moi

est-ce vraiment une phrase que seuls ces gens-là peuvent employer ?

Ou bien, nous, pauvres francophones innocents, pouvons-nous aussi nous replier sur cette alternative fataliste ?

En quête de réponses tout comme vous, je vous souhaite une bonne soirée et de bonnes élucubrations via nos réseaux sociaux que vous aimez tant.

Un anonyme,

PS : merci à la Boîte du Paul qui Dort pour la publication

05 septembre 2015

Qui suis-je ?

"Qui suis-je ?"

L'Homme normal répondra : moi. Je suis moi et rien d'autre, je suis le type qui bouge ses bras et qui parle, qui mange de la viande de boeuf et vote UMP - enfin, "LR".

Ou bien il dira : je conduis un tracteur et j'ai une barbe rousse, j'écoute du Julien Doré et je suis pour le PS. Enfin, François Hollande.

"Qui suis-je ?" résonnera en écho comme une question mal posée, formulée, une oblitération de l'esprit bloqué par un trop-plein d'air.

En laissant le temps à "qui suis-je" d'avorter sa propre réalité, tu lui donneras pourtant un tout autre atour ; il deviendra une vérité et une réalité à laquelle tu pourras t'accrocher.

"Qui-su-i-je" sera une réminiscence fiévreuse de tes années ado(u)lescentes, de tes premières errances, de tes premières découvertes ; tu y verras la morne et lente torpeur des années passées, enchaînées, et vécues comme autant de boulets que tu traînes aux mollets. Ca sera ce que tu appelles tes "premières erreurs", tes "premiers faux pas", ou bien encore tes "faux semblants". Qui suis-je y perdra ses guillemets et sera un tout autre personnage que toi : l'antre malhabilement formée de ton être que tu penses encore en gestation ; un "je" qui ne sera qu'une parodie de ton vrai toi, ton vrai "Qui suis-je", qui lui t'attend encore là-bas et t'en fait baver, jusqu'à ce que tu le rejoignes.

"Kisuije ?" dira le juif en clair manque de cours de français.

"Qui suis-je ?" aura depuis bien longtemps résonné en échos comme une question mal formulée, que certains autour de toi auront eu raison d'elle, et étalé au grand jour leurs résultats indémontrables, irréfutables, non-plus-prouvables que seuls eux auront pu les comprendre (sic) ; et, face à tant de vergogne, tu n'auras eu de cesse que de chercher la petite bête, mais non, il était bien trop tard - ils avaient tout trouvé. Ils connaissaient le "qui suis-je" et ses allitérations passées, et savaient très bien comment te dire qui tu étais, et qui tu finirais. Non pas comment, mais bien qui. Ils auraient parlé pour dix, t'auraient prédit ton avenir.

"Qui suis-je ?" est une réponse pour qui se pose la bonne question. Qui suis-je en vers ou en prose, pour oser douter de mes pairs, quand la seule raison de douter vient de moi ? Je ne suis que cet air, embêtant et morose, qui s'étend sous la terre, délétère sanglot.




Réponse :

"Qui suis-je ?". Eh bien, tu es toi.

Et c'est tout : tu es toi.

30 août 2015

Un Cas d'Ecole

Franck pila. La bagnole s'enfonça quand même le nez en avant dans le tissu de mousse et d'herbe du fossé. Les roues avant disparurent dans le vide et l'avant du véhicule bascula. L'amas de terre qui lui faisait face remontait à environ un mètre. Au-delà, c'étaient des champs d'une culture qu'il ne connaissait pas. Du maïs ? du blé ? aucune idée. Sa caisse tapait dans le trottoir, et il avait les deux roues avant bloquées. Il enclencha le contact, passa la marche arrière, et réussit à reculer. Encastré sur la route mais pourtant libre, il sortit du véhicule pour prendre la mesure des dégâts.

Rien. Un coup de chance, un miracle : R-I-E-N. La mousse qui surplombait le fossé avait probablement encaissé le choc, et il ne roulait pas si vite que ça, donc tout s'était bien terminé. La carrosserie avait quelques bleus, mais rien n'était brisé et aucune pièce ne semblait avoir réellement douillé. Franck redémarra et repartit sur la petite route de campagne, assez rapidement, à plus de 90km/h, jusqu'à ce qu'il percute la petite vieille et la tue sur le coup.

"Bon."

"Commençons."

"Jusque là, d'après vous, pourquoi elle est morte ?

- Parce que le type l'a percutée ?

- Parce qu'elle avait médit sur lui ?

- Parce que le destin voulait qu'il la tue ?

- Oh, là ! hé ! pas tous à la fois. Alors : il la percute, simplement, il la tue : action, réaction. Elle avait médit sur lui : cause, conséquence. Le destin voulait qu'elle meure, foi en Dieu. Autre chose ?

- Parce qu'elle est morte ?

- Elle est morte parce qu'elle est morte ? Pas bête. Précise.

- Ben, chef, elle est morte. Donc, elle est morte. Je vois pas où chercher ailleurs.

- Très bien, t'es bon toi. Précise ton exemple. Donnes-en d'autres. On va voir si tu tiens la route sur la durée.

- Chef, je veux bien, mais je crois pas que ça vaille. Il est bon parce qu'il est bon, il a gagné parce qu'il a gagné, bla bla bla. On peut toujours faire ça. On peut aussi toujours intellectualiser. Moi ce que je dis, c'est que dans ce cas-là, elle est morte parce elle est morte. Si elle était morte parce qu'elle était vivante, il y aurait un problème. Mon cas, il se classe pas dans une case. Il se classe pas parce que j'ai raison, c'est tout. Autre chose, chef ?

- Oui, autre chose. Si elle est morte parce qu'elle est morte, comment tu expliques que le cosinus de la racine carrée de 13 soit zéro ?

- Parce que Donald Duck, chef."


18 juillet 2015

Histoire en deux bouts

"Assis !"

Le chien ne bougea pas.

"Assis !"

Jean-Jacques trépigna une nouvelle fois, jura quelques mots en espagnol, langue qu'il ne connaissait pas, puis se tripota les lèvres du bout du pouce et de l'index.

"Bon sang, se dit-il à lui-même, j'ai pourtant fait comme la procédure l'indiquait. J'ai acheté un chien, je lui ai donné un nom, et puis je lui ai donné un ordre. Mais rien n'y fait ! il n'obéit pas. J'ai sûrement dû rater quelque chose quelque part... mais quoi ? et puis à quel moment ? j'ai tout fait correctement ! je n'y comprend rien."

A l'autre bout de la cour intérieure de l'immeuble, le lourd battant de bois bascula lentement, et une petite voiture s'engagea sur le pavé, dans sa direction. Elle trottina doucement, son moteur cahotant, puis s'arrêta en face de Jean-Jacques. La petite brune grosse et laide qui en sortit lui serra la main d'un air entendu.

"Bonjour, Jean-Jacques.

- Salut, Roberte.

- Comment vas-tu ?

- Oh, tu sais... il y a que mon chi... eh !"

Jean-Jacques eut un sursaut inquiet, et lâcha d'un coup la petite main moite et grasse de Roberte, qui eut un mouvement de recul face à tant d'impulsivité de la part de ce garçon, d'ordinaire assez calme.

"Qu'est-ce qu'il y a ? Un problème ?"

Jean-Jacques regardait partout autour de lui, siffla très fort avec ses deux index, puis se massa les doigts maculés de salive dans les cheveux, qu'il avait de plus en plus rare, ces derniers temps. Il fit trois fois le tour de la cour en s'expliquant :

"Mon chien... mon chien... j'ai acheté un chien... il était là il y a une seconde, et je ne le vois plus... Roberte, je suis désolé, c'est mon chien... vous savez... oh, c'est affreux ! il a sûrement dû s'échapper quand vous avez ouvert la porte de la rue."

Et, prononçant ces mots, il s'élança tambour battant vers le battant toujours ouvert.

22 juin 2015

Je ne suis rien

"Je ne suis rien. Je suis un être en puissance, désoeuvré et désespérant, racoleur et souvent drôle et stupide, inintéressant, agressif - à l'essence - et dépourvu de tout sens de l'humour. Je suis un accroc à l'amour, un violeur né, une mue dégressive que tout un chacun peut, à chaque minute, jeter au sol pour ensuite dire : "cet homme-là est mauvais". Je suis le tout, je suis le "peut-être", mais je ne veux pas être le "certainement"."

"Le "certainement" me tue et me détruit, j'y vois comme un mauvais oeil ; une main perverse qui se jette sur moi et tente de me prendre. Le "certainement", c'est une affaire de connards. Je les hais, les connards. Ils matent mes fesses quand je rentre à la maison, me demandent de sucer des bites. Ils sont malpolis. Malhonnêtes."

"Je ne suis rien. Je suis un être fait d'amour. Rare. Personne n'est comme moi. Suis-je mégalo pour ça ? qui a inventé toutes ces notions ? je ne suis rien. Personne n'est comme ça."



15 juin 2015

J'ai la Réponse #3 : "à quoi disparaître ?"

"Et...

"... et... est-ce que c'est bien, la solitude ?"

Mon Dieu... répondre à une question comme celle-là. La solitude. J'étais perdu. Que pouvais-je expliquer à ces jeunes et à ce directeur de camp ? ils avaient entre dix-sept et trente-cinq ans. Au fond d'eux-mêmes, ils n'avaient même pas encore exploré le fond propre de leur âme, et voilà que ce type, du haut du volcan qui surplombait l'archipel des Açores, me demandait :

"Et... est-ce que c'est bien, la solitude ?"

bonjour !

Bonjour !

oui ! bonjour ! j'ai vingt-trois ans. Je n'ai pas la réponse à ces questions. Je ne sais même pas qui je suis. Pourquoi ? pourquoi ? pourquoi vous me demandez ça ?

Je ne suis pas une pucelle de douze ans. On ne me demande pas de montrer ma chatte. J'en ai vingt-trois. Mais pourtant... pourtant... je suis violé au plus profond de mon âme.

Qu'est-ce que je peux dire ? "C'est bien, la solitude ?" Qu'est-ce que je peux dire ? parler des Femen, des femmes battues, des féministes ? vous ne savez même pas...

... ce que c'est d'être battu quand on est un homme.

Ah, oui ! les grands mots ! les belles phrases ! ah oui ! à vous les soliloques, tambours battants, vous les prompts au régime, les grandioses ! merci ! merci !

Deux, trois coups de fouet, et puis ; paf ! et puis l'on disparaît. On n'est plus qu'une ombre en puissance, un insecte misérable rampant au creux des sillons nés des larmes de ceux qui chantaient que "le sang impur" balaierait les champs français...

... et puis l'on ne sait plus qui l'on est.

Et on décide de quitter la France. On pense que tout le monde, là-bas, nous déteste. Que chaque région a ses motifs pour nous haïr, nous vouloir dehors. Que chaque être en puissance, tout épris des pouvoirs relatifs à sa gloire, ne veut de nous que pour autant que nous puissions être, au possible, au plus loin de lui-même ; et, au final, la haine même nous poursuit - et comme une subsistance, nous encourage à penser que nous ne valons rien, si ce n'est nous-même.

...

...

...

... mais... mais nous n'aurions jamais cru...

... nous n'aurions jamais cru...

... nous n'aurions jamais cru qu'un être venu d'ailleurs dénierait poser les yeux sur nous.

Remettrait en cause les lois même de la physique.

Nous prendrait jusqu'au ciel.

Comment savait-il... ?

... ? ... savait-il... comment disparaître ?

AH AH AH ! WELCOME.


08 juin 2015

Dernier tome (préface de Jean Cocteau)

La porte se ferme maintenant, et le jeune homme revient sur ses pas pour saluer son double, de l'autre côté, qui n'arrivera pas à temps. Il voit des larmes sur ses joues, un sourire idiot se dessiner sur ses lèvres, et de la commisération dans son regard. En réalité, il ne voit rien de tout cela : il imagine des choses, qui lui sembleront belles à raconter, à l'avenir, quand il voudra, par exemple, essayer de lever une nana ou de faire le beau devant des Hommes, des vrais.

La porte se referme, et puis le voilà là, tout seul. Il se dit qu'il a fait du chemin, qu'il a mené des guerres, qu'il est devenu fou et a fait le tour du monde...

... en réalité...

... en réalité ? voulez-vous vraiment le savoir ?

Il n'a rien fait. Il n'a pas bougé d'un poil, ni levé les fesses de son siège. Tout cela n'aura été que dans sa tête. Mais pour autant, ça lui a semblé beau, puisque ça lui a prouvé qu'il avait quelque chose à prouver aux autres, qui lui prouvaient tout le temps qu'ils étaient meilleurs que lui... en fermant des portes.

S'il l'a fait, c'est simplement pour vous faire croire qu'il y avait autre chose... une vacuité de l'âme qui pouvait vous ignifuger contre le bleu de la vie... l'Univers Parallèle existe bien... mais tout ce qu'il y a autour... nous dépasse.

Alors que nous approchons de la fin, je tiens à remercier mon agent, Johnson, qui m'a accompagné tout au long du voyage, ainsi que Stevenson, qui, malgré son grand âge, aura fait preuve de vaillance et de bienveillance - deux mots contenant un "v", ce qui ne crée par ailleurs aucun lien entre eux.

A vous, qui lisiez mes lignes hier et me découvrez aujourd'hui, bonjour.

A ceux qui, ignorants de mes préceptes, tombent les bras ouverts dans le monde de mes récits, ouvrez grand les yeux, et remontez le fil. Vous trouverez à la source la même chose qu'à la fin.


03 juin 2015

Le Mégalomane

A force de me voir partout, je ne vois plus mon reflet nulle part.

Si l'on est conscient, ça suffit à effacer la bêtise ? ou au moins à la justifier ?

L'être humain n'est qu'une facette déviante de mon être propre.

La mégalomanie, je l'avale et je la recrache, mais j'ai toujours le goût en arrière bouche...

***

15 mai 2015

9

Signes. Des signes. Je vois des signes. Des putain de signes.

"9"... c'est un signe... "1"... c'est un signe... j'ai pressé telle touche... ça a tel sens... oui, c'est vrai, le monde me dicte mes actes, oui, le monde me contrôle, oui, le monde me guide... on ne me veut ni mal, ni bien... on ne me veut que du... euh... que du... euh... euh... euh... du bien ? du mal ? de l'argent ? ! attendez ! de l'argent, j'en ai ! plein ! oui, plein ! je suis riche ! je suis... que suis-je ? euh... attendez... laiss... non, s'il vous plaît... laissez-moi du temps... juste du te... euh... et puis, ce beau jeune homme... comment s'appelait-il déjà ? "Paul" ? oui... c'est ça, "Paul"... laissez-le moi... un peu, un peu, un peu, un peu ; je veux "Paul" un peu...

...

...

...

Décryptez.

Comprenez.

Intégrez.

Puis, "s'il vous plaît"...

... respectez "Paul".

Respectez-"le".

09 mai 2015

Le Grand Pan - Alea Jacta Est*

"Sais-tu qui je suis ?"

"Je suis ton pire cauchemar. Je vais te hanter. Je te hanterai. Ici ou ailleurs. Rien, je n'oublierai rien. Je te suivrai. Ici, partout. Je serai ton ombre."

"Sais-tu ce que tu as fait ? tu as profané des tombes, et seules les tombes ont été assez humbles pour te le dire. Tu as insulté des esprits, mis à mal des sacs, remplis d'ossements. Tu as profané des tombes. Tu as menti, tu as insulté."

"Ton "Dieu"... crois en lui... crois en lui tant que tu peux.... tu es déjà mort. Une ombre en oubli... crois en lui... tu vas mourir..."

"Pense... oui, vas-y : "pense"... c'était une porte ouverte... et tu y as pénétré... tu vas crever... et personne ne pensera à toi... tu as profané..."

L'Homme se leva. Il se lava. Il porta les yeux vers le sol.

Et puis...

Et de l'Ombre vint le Ciel.

L'Homme se retourna, lava ses yeux, et les jeta vers le Sol. Enfin, il était vivant.

Enfin... et si peu. Que lui restait-il ? rien.

Rien, rien, rien, rien, "rien", murmurait-il. Il n'avait d'ombrage que de parole, que de mensonges que les astres, mais pourtant...

... pourtant, dans ce "rien", il vit le tout.

Et ainsi le corbeau apprit à marcher.

30 avril 2015

Le Centre du Monde

"C'est bizarre, j'étais persuadé que vous parliez de moi dans votre précédente chronique.

- Eh non. Enfin, si, d'une manière, oui, puisque je vous sous-entendais que je pouvais parler de vous. C'est la technique dite du "Centre du Monde".

- Je n'y comprends rien.

- Comme d'habitude. Laissez-moi vous expl...

- Hé !

- Je plaisante ; bref, laissez-moi vous expliquer. La technique du Centre du Monde repose sur deux principes clairs et évidents : vous ne pensez pas assez à vous, mais le reste du monde pense assez à lui. En partant de là, tout ce que vous direz pourra être perçu comme destiné à tout autre que vous - et même "sera perçu" comme destiné à quelqu'un d'autre. Les gens vont s'y identifier, et parfois même croire que vous ne l'avez dit que pour eux. Incroyable, je trouve.

- Je n'en vois pas l'intérêt.

- C'est très simple. Jetez un caillou dans une rivière, il ira se perdre au fond de l'eau mais laissera une onde se propager. Vous aurez peut-être un caillou de moins, mais vous aurez créé un mouvement. Au-delà du geste de lancer le caillou, vous lui aurez donné une fonction. La technique du Centre du Monde revient au-même : ce n'est pas la chronique en elle-même qui importe, c'est l'onde qui s'ensuit. Ainsi, vous saurez qui est assez égocentrique pour penser être concerné par elle, et vous aurez, plus qu'un mouvement, créé un filet pour capturer vos proies. Comme des poissons qui seraient assez idiots pour sortir à la surface lorsqu'une pierre est jetée près d'eux.

- Je ne comprends toujours rien, ni de quelles proies vous parlez.

- Eh bien, de ceux qui appartiennent à la catégorie citée plus haut : ceux qui pensent encore plus à eux qu'au reste du monde. Ceux qui refuseront de croire que vous ne parlez, finalement, que de vous dans ce que vous dites. Et personne ne voudra, paradoxalement, imaginer que vous ne pouvez parler que de quelque chose d'autre. Donc...

- Donc les personnes centrées sur elles croiront que vous leur tendez une perche.

- Exact, vous y venez. Et il ne restera plus qu'à les cueillir.

- Mais... dans quel but ?

- Il est amusant de jeter un caillou dans une rivière. Ca fait passer le temps. Et du temps, j'en ai à revendre."

25 avril 2015

La Boîte du Paul Qui Dort ~|~ Second Quart-Temps

"Vous me prévenez quand ils frappent."

*****

                Le frisbee négligemment posé sur la table du salon. Les cendres des cigarettes fumées plus tôt dans la journée. La petite culotte accrochée à l'abat-jour. Le sourire du type qui ferme la porte, en murmurant quelques mots dans un langage agressif.

                Je me réveille encore une fois, la peau accrochée au visage, les mains au bout des bras, silencieux et triste, mais violent et désespéré. Le type d'hier me colle à la joie, je me souviens de ses accords nonchalants, lorsqu'il déblatérait pour choper la jolie blonde d'en face. Je n'avais rien d'autre à marmonner, rien de mieux à dire, alors j'avais décidé de me taire. De toute manière, si elle ne pointait pas le bout de son nez vers moi, c'est qu'elle avait d'autres chats à fouetter, et cela me suffisait amplement. Ca ajoutait des harmonies à la mélodie qui secouait l'horizon actuel.


"Vous me prévenez quand ils frappent."

- Vous prévenir ? personne ne le pourra."

*****

"Là où je vais, personne n'est encore reparti. Tu as une dernière chance, JoliCoeur. Après, je me serai envolé, et tu n'auras plus aucune nouvelle.

- Je ne viens pas.

- Alors adieu, JoliCoeur. Adieu, et à jamais."
***** 

Pascal arrosait l'A11, ses phares jetés sur le bitume comme du matériel de la DCA. La FC-32, sa voiture tremblait à cause des suspensions qu'il n'avait pas encore fait réparer. Il ne songea pas que cela aurait été une bonne idée : il conduisait, il était occupé. Il n'était pas comme tous ces flics qui se livrent dans les romans jusqu'à plus soif, non ; lui n'avait - tout simplement - aucune arrière-pensée ou matière à orgueil.

*****

"Moi, moi, moi, moi." "Moi, moi, moi, moi." "Moi, moi, moi, moi." "Moi, moi, moi, moi." "Moi, moi, moi, moi." "Moi, moi, moi, moi." "Moi, moi, moi, moi." "Moi, moi, moi, moi." "Moi, moi, moi, moi." "Moi, moi, moi, moi." "Moi, moi, moi, moi." "Moi, moi, moi, moi." "Moi, moi, moi, moi." "Moi, moi, moi, moi." "Moi, moi, moi, moi." "Moi, moi, moi, moi." "Moi, moi, moi, moi." vous avez  l'heure s'il vous plaît ? oui 2h37 merci au revoir "Moi, moi, moi, moi." "Moi, moi, moi, moi." "Moi, moi, moi, moi." "Moi, moi, moi, moi." "Moi, moi, moi, moi." "Moi, moi, moi, moi.".

*****

Lorsque St Exupéry a atterri sur l'île des Cochons, son premier soin a été de faire croire qu'il était disparu. Il détruisit tout ce qui restait de lui et demanda à un vrai ami d'indiquer à tout le monde qu'il était parti de l'autre côté. Quand Exup' eut fini tout ça, il repensa au Petit Prince et se dit : 

"Bordel de dieu, c'est quand même pas terrible comme livre."

                      * TONNERRE *

                     QUI ES-TU POUR TE PERMETTE CE CRITIQUER CE LIIIIIIIIVRE ?

Exup' ne respirait plus. On ne parlait pas du ciel. Ou alors c'était Raymond qui lui faisait une blague dans son Coucou 500, pour son troisième vol au-dessus de l'Atlantique.

                      JE T'ENTENDS, HEIN. 

Exup' se calma et comprit aussitôt que l'esprit du bon goût était venu lui rendre visite ; c'était lui qui décidait de ce qui avait le droit de se dire ou non. Sinon, amende.

                     JE T'ENTENDS TOUJOURS. TIENS, TON AMENDE.

"Mais, dit Exup', le Petit Prince, c'est moi qui l'ait écrit. Les planètes, la rose, le renard, tout ça, c'est... moi. Ca venait de mon subconscient, je voulais juste donner des trousseaux à nos garçons et fil...

                     BON, BON, D'ACCORD, CA VA. PRISE D'OTAGE SUR LA PLACE RAIMBAUD, 14EME. PRENDS LA MOTO-VOLANTE-QUI-TE-REND-INVISIBLE-COMME-CA-LE-PEUPLE-NE-SAIT-PAS-QUE-NOUS-LUI-SAUVONS-LA-VIE-EN-SECRET ET RATTRAPE-TOI.

*****
"Allez, un p"tit morceau.
- Ok.
(...)
- On arrive à rien. ... on baise ?
- Chaude."

                      Mes derniers contacts avec mon ex se limitèrent à ça. Depuis, je sais qu'elle est avec un autre homme, peut-être plus proche que moi sur le sentier qui mène au bonheur. Je m'en fous un peu, je m'en cale la prune, je m'en défais. "On ne trouve pas l'amour sans casser quelques queues" dit ce célèbre proverbe qu'on attribuerait, selon les sources, à Olympe de Gouges.