La pensée résonna en échos au travers du cerveau du lecteur. Rebondit une ou deux fois autour des lobes hémisphériques, puis se parachuta vers le colon. Rectal. Une idée de merde qui allait donner envie de chier. Ou bien, peut-être, une fugue spiritique qui atteindrait la tête pour qu'une idée s'y mette en marche.
En une, ou deux secondes, le commun des mortels associerait la phrase à celle que prononce le Héros quand, très énervé, et après avoir descendu la quasi-totalité du camp ennemi, il s'adresse à sa Némésis et renverse la balance, drapeau américain bien en vue. Il snifferait un ou deux rails de coke dans le film, bien sûr, pour être tout juste à la limite beyond good and evil. "With a tear in my eye" comme dirait K-Maro.
Le problème est que cette sentence est pourtant bien acceptable, dans le réel, quand on parle de moi. Et le vrai problème est que, la plupart du temps, ces gens plongés dans leur réalité n'ont cure de ce que je leur répète quand, impolis ou impotents, ils tentent vainement de briser leurs barrières en attaquant un être qui ne fait pas partie de leur monde.
Quand, pensant que quelque chose les menace, ils recréent à partir de leurs songes des mondes inconnus, ou donnent à une blonde le pouvoir de parler aux dragons, ils ne réalisent pas qu'ils avouent de facto leur propre faiblesse, leur propre in-ca-pa-ci-té. Qu'ils se mettent en péril.
Après ça, après avoir voulu jouer aux beaux pour choper des gonzesses, venez pas me la faire à l'envers en vous croyant plus forts, ou plus conscients.
Quand votre série phare - qui entre nous pue la fiente - Game of [] aura vu sa fin arriver, et quand les Jeux de la Faim n'auront plus de suite, n'espérez pas que, une fois que vous viendrez sonner à ma porte pour des bonbons ou des bières, je vous accorderai un minimum de crédibilité. Vous serez à mes yeux des débiles ascètes et obnubilés par la société, persuadés d'être leaders de mouvements populaires et maîtres des règles de la communication, alors qu'au final vous ne vous révélerez que dans la poursuite intégriste et minable de vos intérêts propres.
Vous n'aurez alors plus d'amis.
Ils seront tous partis, par ailleurs.
Et puis ailleurs, aussi.
En fait, ils seront vous, à l'autre bout du globe, loin de vous, ici présent, et votre système soit-disant cool et sans failles se révèlera une matrice dénuée d'un quelconque sens.
Le plus important là-dedans, ce n'est pas trop de se rendre compte de tout cela.
Non, le plus important, c'est de se demander combien de vies détruites pour qu'enfin, tu puisses grandir.
Combien de fois tu fais chier le monde pour que dans tes yeux de bourgeois aviné, le monde te semble un peu plus proche.
Enfin, je pense qu'à cette heure-là, et quand tu lis mes lignes, tu ne te crois pas concerné.
Si ?
When the Sun is Born - Univers Parallèle
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