Qui suis-je ?

Qui suis-je ?
Historique : 28 mai 2012, 8 novembre 2015 - "Embarcadères, débarcadères" | 8 novembre 2015, 2 août 2016 - "Histoires de Filles" | 30 août 2016, 29 janvier 2017 - "Qui suis-je ?" | 16 septembre 2017, 27 juin 2018 - "Renaissance" | 27 juin 2018 : Restructuration

31 octobre 2015

La Toute Toute Toute Fin

Je dors.

... je m'endors...

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La taille de ma bite



La bestiole remonta le long du mur d'enceinte, lentement, en s'appuyant sur ses 99 pattes velues d'insecte, tandis que la lumière du projecteur que tenait Cendrah balayait l'arête de la brique qui s'effritait sous les assauts ininterrompus du vent violent et maussade qui soufflait dans les plaines du nord.

"En deux temps, trois mouvements, souffla Pascal, le grand frère de Cendrah.

- Un deux trois, un mouvement, rétorqua-t-elle.

- Sauf que l'ombre n'est que psyché."

Ils rirent tous les deux.

L'insecte, n'y comprenant rien, refusa de continuer à faire partie du scénario, et le film s'arrêta.

***

Alors que je continue de marcher au détour des rues, je sens mon esprit qui se dégrise et se débride, comme une substance en puissance qui s'exprime et détruit tout ce qui l'entoure ; oui : détruit tout ce qui l'entoure. J'ai vu le monde plusieurs fois, dans ses moindres détails, en long en large, et je l'ai embrassé puis vomi, plusieurs fois, et je l'ai refusé et accepté, en même temps, sans comprendre que par là-même j'étais forcé de faire du corbeau qui m'accompagnait une partie intime de moi - peut-être ma merde, qui sait ? qui chierait des oiseaux ? enfin, bref, qui poserait ce genre de questions ? vous ?

Et pourtant, je continue de marcher, sans jamais n'être effrayé par autre chose que moi-même, lorsque mon reflet sombre apparaît sous le trait de mon regard, lorsque je constate que mon corps difforme fonctionne toujours, lorsque je salue avec amertume le dieu souverain qui tait mes erreurs.

Il sera temps un jour pour moi de faire un tour par l'échafaud, pour y croiser mes frères et mes soeurs disparus, et à ce moment-là, bêtement, je pense que je n'aurai qu'une envie : celle de baiser la main de l'abruti d'humain qui nous aura marché dessus.

18 octobre 2015

Le Dernier Tour de Vis

"Sais-tu au moins à qui tu t'adresses ?"

La pensée résonna en échos au travers du cerveau du lecteur. Rebondit une ou deux fois autour des lobes hémisphériques, puis se parachuta vers le colon. Rectal. Une idée de merde qui allait donner envie de chier. Ou bien, peut-être, une fugue spiritique qui atteindrait la tête pour qu'une idée s'y mette en marche.

En une, ou deux secondes, le commun des mortels associerait la phrase à celle que prononce le Héros quand, très énervé, et après avoir descendu la quasi-totalité du camp ennemi, il s'adresse à sa Némésis et renverse la balance, drapeau américain bien en vue. Il snifferait un ou deux rails de coke dans le film, bien sûr, pour être tout juste à la limite beyond good and evil. "With a tear in my eye" comme dirait K-Maro.

Le problème est que cette sentence est pourtant bien acceptable, dans le réel, quand on parle de moi. Et le vrai problème est que, la plupart du temps, ces gens plongés dans leur réalité n'ont cure de ce que je leur répète quand, impolis ou impotents, ils tentent vainement de briser leurs barrières en attaquant un être qui ne fait pas partie de leur monde.

Quand, pensant que quelque chose les menace, ils recréent à partir de leurs songes des mondes inconnus, ou donnent à une blonde le pouvoir de parler aux dragons, ils ne réalisent pas qu'ils avouent de facto leur propre faiblesse, leur propre in-ca-pa-ci-té. Qu'ils se mettent en péril.

Après ça, après avoir voulu jouer aux beaux pour choper des gonzesses, venez pas me la faire à l'envers en vous croyant plus forts, ou plus conscients.

Quand votre série phare - qui entre nous pue la fiente - Game of [] aura vu sa fin arriver, et quand les Jeux de la Faim n'auront plus de suite, n'espérez pas que, une fois que vous viendrez sonner à ma porte pour des bonbons ou des bières, je vous accorderai un minimum de crédibilité. Vous serez à mes yeux des débiles ascètes et obnubilés par la société, persuadés d'être leaders de mouvements populaires et maîtres des règles de la communication, alors qu'au final vous ne vous révélerez que dans la poursuite intégriste et minable de vos intérêts propres.

Vous n'aurez alors plus d'amis.

Ils seront tous partis, par ailleurs.

Et puis ailleurs, aussi.

En fait, ils seront vous, à l'autre bout du globe, loin de vous, ici présent, et votre système soit-disant cool et sans failles se révèlera une matrice dénuée d'un quelconque sens.

Le plus important là-dedans, ce n'est pas trop de se rendre compte de tout cela.

Non, le plus important, c'est de se demander combien de vies détruites pour qu'enfin, tu puisses grandir.

Combien de fois tu fais chier le monde pour que dans tes yeux de bourgeois aviné, le monde te semble un peu plus proche.

Enfin, je pense qu'à cette heure-là, et quand tu lis mes lignes, tu ne te crois pas concerné.

Si ?


When the Sun is Born - Univers Parallèle

Les Vecteurs

"En mathématiques, un vecteur est un élément d'un espace vectoriel, ce qui permet d'effectuer des opérations d'addition et de multiplication par un scalaire. Un n-uplet peut constituer un exemple de vecteur, à condition qu'il appartienne à un ensemble muni des opérations adéquates."

Source : Wikipedia


En 2015, l'Homme prouva à l'Homme qu'il était capable d'atteindre de nouveaux cieux aujourd'hui perçus comme faisant partie intégrante de nos berceaux : les sphères reculées de la communication.

On avait fait de l'Information, des Médium, des Echanges, de libres penseurs qui devaient nous seconder dans notre quête effrénée - et interrompue - de liberté, de justice, de connaissance.

En 2016, lorsque la Première Guerre Economique débuta, ces modèles furent réduits à néant et rejetés à l'âge de pierre. Tout du moins pour la majorité du cosmos sociétal, qui dût oublier ici-bas ses réseaux sociaux et autres Twitter, que les armées du monde décidèrent d'interdire aux citoyens.

En 2017, les premiers cas de psychose collective se firent ressentir.

L'Homme agissant sans son corps face à lui-même n'avait plus d'autre choix que de revenir aux primordiaux, l'essor technologique, faute d'être arrivé à son terme, ne lui ouvrant plus les bras, puisque l'Homme agissant sans son corps ; mais aux faits du pouvoir, avait décidé qu'il lui fallait lui en barrer l'accès.

Dès 2019, ces groupuscules intégristes furent dénommés Vecteurs.

"Tout être vivant capable de transmettre de façon active (en étant lui-même infecté) ou passive un agent infectieux (bactérie, virus, parasite)."

Source : Larousse

Il fut rapidement mis en lumière que deux types de population étaient encore conscients des remugles qui agitaient la Terre : il y avait ceux qui se battaient, et ceux qui, faute de ne plus avoir sous la main ce qui auparavant leur agitait l'esprit, refluaient en saccades barbares jusqu'aux tréfonds même de leur être propre, et qui, s'y perdant, y perdait la tête et l'esprit.

En 2022, la Russie tomba aux mains des forces armées chiites, qui utilisèrent l'équipement militaire du pays pour faire tomber la majeure partie des pays européens, dont l'Allemagne. La France, par force de pactes et d'alliances viscellaires*; parvint à sauvegarder le maintien de ses frontières, puis envahit le Royaume-Uni et y créa une colonie sous le nom de Bonaparte III.

En 2102, bien après la guerre, un scientifique kurde impliqué dans la refonte du système sociétal des Nouvelles Nations Islamiques Unies (NNIU) prouva par la mesure que les Vecteurs avaient été responsables de la déviation soudaine du comportement des foules, et qu'ils avaient, par l'usage frauduleux et abusif des nouvelles technologies, précipité le Monde dans un nouvel ordre que nul n'avait anticipé.

A l'heure actuelle, en 2123, les guerres de religion existent toujours, mais plus personne ne parle de Facebook.

* néologisme, inspiré de "viscères" : action ne répondant à aucune morale sinon celle de la survie propre.

17 octobre 2015

Fin d'un cycle

Stop.

Arrêterez-vous un jour de me harceler avec vos pubs à la con ?

Stop.

Quand j'écris "stop", tu "stoppes", mais tu sais seulement pourquoi ?

Oh, erreurs funestes qui guidaient nos voies, réveillez-nous ; laissez-nous échapper au prisme qui enveloppe le commun des mortels.

En deux temps trois mouvements, je m'éclipse : je disparais ; il ne reste de moi qu'une onde surnageant, onde endormie, onde au final disparaissant au milieu des nénuphars du lac mort de ma vergogne assoupie. Moi qui connaissais auparavant autant de maux, et moi qui n'ai aujourd'hui plus rien à faire, trouverai-je une raison de me plaindre ?

08 octobre 2015

J'ai promis de ne rien dire

Parfois, le silence me prend à la gorge, comme une arme meurtrie qui voudrait se retourner contre moi. J'ai l'impression que mes démons m'en veulent et ont décidé de me pendre à leur place. Parfois, le silence m'engorge et je me sens désister l'endroit pour disparaître.

Je crois que je n'étais pas qu'une ombre avant, mais bien l'ombre de moi-même, aujourd'hui. Et j'avais dans les mains, et les pieds, et la tête, la même force qu'aujourd'hui, ou qu'hier, et ce même souffle me porte et nous emballe toi et moi jusqu'au bout de la terre, au bout du fin fond du monde, la où l'on raconte que les chutes d'eau terminent à la verticale et s'écroulent dans le néant.

Parfois, je me souviens que j'avais des rêves et que je les partageais, puis j'oublie tout, puisque mes rêves, maintenant je les vis, et je n'ai plus rien à espérer sinon qu'ils perdurent.

C'est peut-être ça qui crée notre malheur.

Ou bien l'universel tout autour qui nous rend heureux ?

De ce moment d'absence

Un temps, deux temps.

Je sais pas si je vais vomir maintenant ou dans deux minutes, pencher ma tête sur les chiottes de la voisine et m'excuser le lendemain.

Je sais plus où je suis. Dans ma vie, dans ma tête, ni dans mon corps ou dans mes rêves.

J'erre même pas, j'ai pas la force et le soutien pour.

Comment je peux réussir à écrire ici ?

Parce que je fais l'effort.

Je tape sur le clavier, j'aligne les mots, je reviens en arrière quand je me trompe - beaucoup ; je fais tout ça et ça me semble normal, parce que la finalité c'est de dire. Parler, dire, conter, raconter, enchanter, voire même tromper et mentir, moi je m'en fous, ça m'intéresse, ça m'intéresse pas, en tout cas j'y passe mon temps.

Manger, chier, crever, me rebeller ; je m'en fous. L'important, c'est de parler, de dire, d'en pondre une belle.

L'Histoire, une histoire, des histoires ; de chanter des mélodies inaltérées et inatteignables, inaccessibles au commun des mortels.

Eveiller chez les morts des rêves suspendus.