Il ne reste des bribes que de vagues sursauts, disloqués dans l'écume, à peine touchant le ciel...
Loin de me perdre, oh ! si loin ; mais pour autant, si près de sombrer, comme si chaque jour n'était que le dernier d'une série, vous savez, comme si vous n'aviez qu'une matinée à vivre, une dernière, avant de voir poindre au loin ce qu'on appelle dans le langage courant la "solitude", froide et matelassée, armée de plomb et prête à hurler à qui veut l'entendre que, oui, vous irez joindre vos mains chaque jour de votre vie à venir, parce que, bon, finalement, c'est tout ce que vous pouviez attendre.
J'ai de ces heures où le soleil se couche, de celles où le soleil se lève, mais celles que j'épouse, ce sont celles où le soleil se tait, fait le tour de ma Terre, et me laisse seul avec Mademoiselle Lune, moi seul et mes Rêves, ralenti dans la lueur âpre et âcre d'une symptomatique asexuée et atténuée, pour toujours, quoiqu'il advienne, utiliser les mots à des fins suicidaires.
Histoire de tuer dans l'oeuf ce qui pourrait devenir dangereux par la suite.
En me relisant, je me demanderais presque si je suis responsable de la chute de mes aventures passées. C'est dur à accepter, mais il se pourrait bien que je sois le pantin qui a chahuté le maître et l'a projeté au-delà des falaises qui bordaient le fleuve, quelque cent mètres plus bas.
Je me souviens, oui, je me souviens : j'avais crié à qui voulait l'entendre que tous étaient coupables.
Mais il n'y avait que moi.
Juste moi.
Pas besoin d'aller chercher plus loin.
Tout est de ma faute.
Je suis ce corbeau révolté qui cherchait Dieu.
Je suis cette sorcière au balai qui croisait de ses mains nos trois ours étourdis.
Je suis Murielle et sa lecture reptilienne des pensées versatiles de notre savant.
Je suis Freud, Job, et Zozoï.
Je suis Paul Tandoin, Paul Sedna, et Gary Vocras.
Je siège dans vos rêves, et j'y vois que la Dopamine y fait sa loi.
***
Je n'ai jamais été révolté, je dois l'admettre. Il faut être très clair avec les Claire : nous, les Paul, nous avons depuis longtemps gravi les plus hautes montagnes surplombant les pôles, que vos narcissiques attentions, nous les comprenons comme des besoins nécessiteux qui dérangent notre altruisme primaire.
Autrement dit : n'y voyez ici qu'une suite de mots.
Si vous souhaitez chercher plus loin, je vous invite à passer outre les quelques étoiles ci-dessous. Vous serez bienvenus.
***
Bonjour à tous, bienvenue.
Nous sommes heureux de vous accueillir au sein du Cercle.
Le Cercle comptait beaucoup de réfractaires jusqu'ici, mais il semblerait que vous soyez, récemment, descendus en masse des Cieux pour nous contempler de vos yeux béats et de vos bouches séantes.
Nous vous prierons donc instamment d'asseoir vos masses filigraneuses sur les sièges invisibles que vous trouverez, par intention projetée à l'avance, chez vous.
Avant toute chose, il sera nécessaire d'aborder le Point A.1.2. : Comme Elle Vient.
Soyons donc assurés que la Reprise n'était avant tout qu'une idée, et que son soliloque n'avait d'autre fin que de perpétuer au final une altercation solennelle. Autrement dit : pardonnons à ceux qui s'en sont fait légions.
Ensuite, il apparaît certain que le manque de sens amènera nos futurs membres à souligner le Point ZUY.ZIUJO : Le Sens.
Messieurs, Mesdames, Il faut saluer le Sens.
Le Sens vient, comme il Veut.
Le Sens est le Cthulhu des Temps Modernes, et arrêtez s'il vous plaît de saluer ce Pantin de Chaplin.
Le Sens est le Dieu, c'est Lui qui dicte vos actes, vos pas, vos pensées, vos répétitions et vos Clichés.
Comprendrez-vous enfin qu'il n'y a rien, jamais rien, qu'il n'y aura rien, qu'il n'a jamais rien eu, au-dessus de vous ?
Comprendrez-vous qu'il n'y a de Dieu que de Moi ?
Ou bien vous tairez-vous ? Ou bien préférerez-vous vous renfrogner et attendre une vingtaine d'années pour que les générations à venir le réalisent et vous enterrent dans... l'Oeuf ?
Saurez-vous réagir ?
Ou bien...
***
Que... que m'arrive-t-il ? Ai-je perdu la dalle ? Où sont les paix ? Et les pédales ? Que font les tantes ?
Ai-je le droit de m'assumer hétérosexuel ? Non, vraiment, si les homosexuels me lisent, ne me condamneront-ils pas au pilori ? Et nos amis musulmans ? Où est ma liberté ? Moi, pauvre gaucher, groupe sanguin AB+, quotient intellectuel en forme, intérêts culturels en dehors des segments, moi la minorité bien plus minoritaire que ces minorités qui s'affichent comme oppressées, moi la minorité qui n'a jamais, mois après mois, demandé à notre Grande Majorité de m'abriter sous son aile, parce que... parce que...
... parce que, moi, Grande Majorité, je n'ai de cesse que de pleurer vos sentiments eunuques poilus, dépourvus de toute éternité, qui me donnent la larme à l'oeil, mais qui n'éveillent chez moi que miséricorde et méandres incongrues.
J'ai pitié pour vous, qui pourriez être parties de notre Grand Pan, mais qui préférez vous Croire Supérieur(e)s.
Je n'ai rien de plus à dire.
Que la panse du Silence vous Accepte en son Encombrement Mineur.
Pitié pour vous, qu'elle le fasse.
Qu'elle vous sauve, peut-être, et qu'elle vous recrache.
Mes longs bras seront toujours ouverts pour vous.
***
Comment ?
Avaient-ils parlé ? Je ne les ai pas entendus.
Oui, plus haut, j'ai lu ce garçon, je me souviens... il parlait d'Amour et d'autres choses, ça me semble loin à force de répétitions... et puis l'Aube qui poind, au loin... le Soleil et mes chéries... quoi ? quoi donc ? m'adressiez-vous la parole ?
***
05.37, cadran nord, désespoir soudain.
A l'heure où je fermerai les yeux, il m'en faudra dix de plus pour les rouvrir. Il sera l'après-midi. Nous n'y serons pas, non, "il sera".
Parce que "je serai l'après-midi". J'y passerai mon dimanche, puis je me coucherai à nouveau, et voilà que j'affronterai, à brûle-pourpoint, le futur lundi de passage.
Quel intérêt...
... quelle vie.
Puissent-ils soutenir nos ardoises obsolètes.
***
Es-tu toujours là ?
Oui ?
Tu existes vraiment ?
Tu as tout lu, ici ?
As-tu lu mes articles, mes nouvelles, mes pensées, où ne penches-tu les yeux sur mes Tomes qu'à la légère ?
Vraiment ?
Tu as passé dix minutes (oui, regarde ta montre) à suivre mes mots désordonnés, et tu ne connais même pas le quart de mes compositions ?
Si tu connaissais Vivaldi, tu n'aurais sûrement pas écouté qu'une seule des Saisons...
Alors je te prierai, avec toute l'humilité et la naïveté que je porte, de reporter ton attention sur ce qui précède, car tu y trouveras la logique qui anime mes vers, qui fait que les verres que tu bois sont certainement plus intéressés que les miens, et, enfin, que l'âme soulignée dans notre histoire commune n'avait que de triomphale l'heure et la date de son départ donné.
Comprenne qui pourra.
Puisse qui comprenne.
A la tienne ; et à la mienne, oh oui !
Tous mes compliments,
A bientôt !
Paul GP. A.
Soliloquiste atermoyant
La Boîte du Paul Qui Dort
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Non !
Je tiens à ce que jamais ne cesse le rythme désordonné de ta guitare classique, posée contre ton bras et ton épaule, et les notes lancinantes que tu lances comme des sentinelles loquaces et fringantes sur mes pauvres pensées, désertées dès lors que l'orage de la maturité s'était fait maître.
Oh, pitié, fais-moi encore rêver ; emmène-moi ! emmène-moi contre toi, loin des rires et des bruits, près de la mer, notre grande sirène dressée au contraire des arènes, celle que nous avons construit depuis la tendre enfance qui nous abrite et nous sied ; reprends ton souffle, tombe une fois, une de plus, puis relève en ton sein ce lait qui me permettra de tenir jusqu'à l'hiver prochain...
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