Qui suis-je ?

Qui suis-je ?
Historique : 28 mai 2012, 8 novembre 2015 - "Embarcadères, débarcadères" | 8 novembre 2015, 2 août 2016 - "Histoires de Filles" | 30 août 2016, 29 janvier 2017 - "Qui suis-je ?" | 16 septembre 2017, 27 juin 2018 - "Renaissance" | 27 juin 2018 : Restructuration

29 janvier 2017

Termina, terminée #...

Allez, pleurez pas, c'est fini.

Fin du blog.

J'ai tapé trois ellipses en mon nom, sans jamais en placer une pour moi. J'ai été un peu triste en l'ouvrant en sachant que je ne dirais rien de moi. Ca va, j'ai consumé ma peine. Ca va mieux maintenant, à la fin. Mais si j'étais triste en disant ça, ça voudrait dire que... au final, j'avais un peu, comme ça, parlé de moi, sans le vouloir, au travers de ces billets ?

Non... des billets, j'en ai pas assez pour avoir le luxe d'ouvrir ma gueule. Tout est en demi-teinte. Qui suis-je ? rien, une lumière pétante.

C'est terminé, c'est Termina, fin du blog, mon coco. C'est fini, baissez le rideau. C'est fini.

27 janvier 2017

L'AVANT-DERNIER

Avant dernier. Voici qui je suis.

***

Je suis un être de raison, pourvu de failles dantesques que nul ne serait à même d'imaginer.

On vous voit tous les jours croiser des hommes et des femmes de milieux, d'âges, de genres, de pensées, d'intellects différents, vous tous vous croiser, vous juger, vous appréhender, et croire de-ça, de-là, que chacun est meilleur qu'un autre, on vous voit vous stigmatiser pour le plaisir de le faire, sans raison, on vous voit discuter, on vous voit aimer, haïr, jeter ; loin ! jeter ! la haine ! mon cul ; on vous voit réfléchir, vous parer d'atours fulminescents, on vous voit cracher sur la gueule du plus jeune que vous et plaire au plus vieux si tant est que possible. On vous voit feindre la prétendance et maudire l'abstrait, jungler l'obéissance et contrer le moindre néologisme.

On vous voit mentir et ne pas être vous-même, à tel point que vous en arrivez à faire croire aux honnêtes qu'ils se mentent à eux-mêmes et qu'ils sont tout contre vous, luxés comme vous des poings et des poignets, des jambes et des mollets, qu'ils ne sont que de pauvre hères, êtres destinés à subir vos mille et un supplices ; et voilà que vous leur mettez de votre musique plein les oreilles, et ils adorent, ils acquiescent, ils adorent ça.


On vous voit en italique.

 On vous voit en gras.

***

Je vous vois danser comme les tombes mortes qui, jadis, attirèrent l'étendue de mon regard. J'ai appris au travers de vos soliloques une chose souveraine : PENSER.

J'ai vu moi croiser, juger, appréhender, croire, stigmatiser, discuter, aimer, haïr, jeter; réfléchir, parer, cracher, plaire, feindre, maudire, mentir, faire, être, adorer, acquiescer.

J'ai vu moi. Et puis j'ai su que j'étais ce Qui-Suis-Je ?

***

Je vous vois en gras.

***

Un songe, une pensée, un dernier souffle - ne jamais rien oublier, une pensée fugace, non ! un ouragan ! qui suis-je ? un maudit, une bête, un tueur, un malgré-lui-né, un malgré-nuits-les, une force sans nom, sans rappels, pas besoin de vous mesdames, au contraires, vous mesdames vous foutrez à la porte ces messieurs, ces messieurs qui chassent les chats comme les toits au-dessus de ma tête me rappellent que la seule route à prendre est celle de l'étoile du levant.

***

Et puis un jour, je m'éteindrai.

On dira de mes textes qu'ils étaient importants.

On dira de l'auteur qu'il était clairvoyant.

***

Mais rien ne restera, si vous n'en faites rien.

***

A vous la suite.

***

A

***

Vous

***

La

***

Suite

***


Sauf-conduit

Un jour, jour un.

Je marche, je passe le pont, trois sirènes.

Eh oh, eh oh, Paul, eh oh, eh oh !

Jour deux. Personne. Je marche toujours, j'y crois à mort, je n'ai plus beaucoup de matériel. Je m'endors dans des bâtiments abandonnés, je trouve la peine de taper quelques mots au clavier.

Eh oh, eh oh, Paul !

Jour trois. Je me suis réveillé avec la peur au ventre. Jamais vu ça. Jamais eu autant peur comme ça. Jamais joui comme ça. Je crois que je vis la phase du pour et du contre, la révélation subite dictée par les angélismes subalternes des contraintes océanes croisées au cours de ma route. Je ne doute pas, je continue.

Paul ?

Jour quatre. Il me manque un bout de raison. Qui suis-je ? un aigle, tout pourvu de ses plumes, de son bec et de sa gueule est venu se coincer tout contre ma face. J'ai pas réagi, rien dit. J'ai empoigné la bouteille de prune, l'ai menacé, lui ai lancé un regard viril, et il s'est barré. J'ai enfilé mon futal et pris mon sac et me suis tiré. Derrière, de la glace.

Jour cinq. Elle pleure, sans cesse.

Eh oh, eh oh, eh ohhoheohoe PheoAoeoheoeUoehehehLeoeheoeoeeoeheoeho ?

Jour six. Trois morts, deux de mon groupe. Je me suis cassé l'annulaire gauche durant la bataille, j'ai du mal à taper. Rapport persistant et incomplet.

Ouuuuuh, ouuuuuh, Paaaaaaaul ?

Jour sept. Fatigué.

Paul ? Paul ? Paul ? Qui es-tu ?