Qui suis-je ?

Qui suis-je ?
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27 mars 2015

Titre de l'article

En puissance, les frissons dégagés à la nuque, le col raidi dans une matière substantielle, prêt à tout pour en découdre avec l'atmosphère pesante : me voilà.

Je suis gauchi par le jaune qui coule de mon foi dégauchi, désoudé aux aplanes, ravivé en mon être même, projeté tout avant contre la carlingue de la vie, qui m'abîme et me frotte, me désoxyde et me brise, et puis j'oublie tout.

En flirtance avec les macaques invertébrés qui m'asphyxiaient à l'époque, je redécouvre des sentiments nouveaux et me complais à penser que l'avenir sera fait d'autre chose ; d'un quelque chose de neuf, d'inatteignable, de tergiverseblement différent. Hier, les mots étaient une découverte, aujourd'hui ils furent un tout, demain ils seront ma révolte, ma création subite et soudaine, puisque, si je conviens qu'ils ne sont qu'une erreur, alors ils n'auront de cesse de n'exister que dans le passé. Mais je leur donnerai une tournure neuve, et ils seront moi, tout contre-bringuebalé dans le futur : une chose inhérente à l'existence humaine de mes pairs, qu'ils seront bien forcés d'accepter ; puisque l'humanité ne leur en aura pas donné le choix. Eux, les autres, le noyau tangible et indolore qui force ma résistance. Cet amas gluant et puant de vers atrophiés, accrochés à mes racines comme un nouveau-né à sa mère, qui fout le nez dans tout ce qu'il y a de plus pourri, pourvu que ça vous nourrisse, acrotté à la moelle et survivant, sans que l'on ne puisse définir qui, du loup ou de l'odeur, a été le premier à se plaindre.

J'emmerde ces faux-semblants et ces faux chemins, ces littératures trouées de jets de kalachs, et le son redondant de ta voix qui oxymore chaque verbatim comme si tout était propre à finir demain. Je fous en l'air les klaxons et la verdure, le foisonnement impromptu et itératif des sonorités alambiquées, à dormir debout tant leur verbe est pauvre, le foutu connard qui me jette à la porte, et ma mère en sourdine à l'autre bout de la pièce, qui susurre des mots doux pour que je revienne dormir tout contre elle. J'emmerde les ostracismes républicains de vos applications pour smartphones, qui vous guident et vous transforment en monstres rebelles tout juste bons à bouffer votre propre merde pour autant qu'elle ait le goût du sang, et enfin, enfin ! j'exècre les amis, ces faux-fuyants, ceux que j'ai connu hier, qui n'ont que pour seul but de vouloir me préserver de moi-même, parce qu'ils veulent tout sauf mon bonheur, pourvu que le leur monte au nez comme une moutarde dégraissie.

Je vous chie à la raie, comme je le fis à celle des samaritains aux portes de Douvres, et je vous souhaite bon plongeon dans les fosses délactées et insonorisées des panthéons chinois et grec de l'amertume, de l'oubli, de la grosse merde dilatée, digérée, désintoxiquée. Allez bien vous faire voir du côté de mon cul, et ramenez-moi des souvenirs.

Aux autres, ceux qui auront su trouver les bons mots, et bien d'autres choses encore, je vous souhaite bon courage. Plus les heures passent, plus il semble que... malheureusement... vous soyez forcés, à terme, d'en - y - avoir besoin.

21 mars 2015

J'ai la Réponse #2 : "à quoi s'abandonner ?"

"Monsieur ?

- Hm ?

- Vous souvenez-vous du goût de l'amour, du vide qu'il procure, et des sensations qui accompagnent le désistement de l'être aimé ?

- ...

- ...

- Oui, bien sûr. Je dois dire que cela m'est un cas familier. Il n'y pas d'autres alternatives que d'accepter l'échappement progressif de l'être dit comme aimé. Un peu à la fois, les souvenirs arrêtent de tanguer, un peu à la fois... et puis l'on distingue mieux la clarté pure et simple de la lune.

- Mais...

- Je vous écoute. Vous semblez comme avoir besoin de parler. Posez vos questions.

- Non, je n'ai pas de questions, monsieur. Je n'ai que des interrogations. Tenez, par exemple : comment fait-on pour laisser échapper cet être aimé ? ou bien : comment cet être aimé fait-il pour être si cruel, si cruel qu'il lui est impossible de laisser partir l'autre ? ou encore...

- ... j'ai bien compris. Premièrement, sachez que l'être aimé ne l'est jamais vraiment. Vous vous aimez vous-même ; et vous ne ferez toujours que de même. L'Autre, dans son langage, vous touche et vous perturbe, mais il ne vous comprend pas ; ne vous comprendra jamais - moi-même, je ne vous comprendrai jamais. L'être ne s'échappe pas de vous-même : il a besoin de vous. C'est pour ça qu'il vous colle, vous susurre, vous suce l'âme outre mesure. Ensuite, sachez que rien n'est plus cruel pour celui qui a besoin d'amour que de se voir rejeté. Pensez-y à deux fois, puis considérez que vous pouvez, finalement, être pour quelqu'un un rempart, un ajout, une solution. L'être qui cherche quelque chose peut voir en vous un remède : donnez-lui la cure, l'antipoison. Puis attendez. Attendez de voir s'il le mérite vraiment.

- ...

- Vous restez perplexe.

- Oui. Je ne comprends pas tout. Etre aimé ? Etre aimé ? tous ces mots m'échappent, m'indisposent, j'ai comme l'impression que nous n'avons pas le droit.

- Quoi donc... enfin, que voilà ! n'avons-nous pas le droit de violer, peut-être ; si nous ne l'avons pas, alors nous n'avons jamais été enfants ! et foetus ! le viol fait partie intégrante de l'humanité. Le viol, au sens où on l'entend, n'est qu'une infiltration soudaine et subite nécessaire au progrès de l'humain. Ceux qui y voient un acte bestial et amoral ne comprennent pas le sens premier du mot ; rien ne pardonne l'acte physique qui contraint un Homme à l'attouchement sexuel. Mais, spirituellement, le viol est une constante que tout physicien ou homme de lettres - de politique - ne peut dénier.

- Comment ! mais vous entendez-vous, monsieur ? enfin... que dites-vous... et... comment ai-je pu vous poser mes questions ?! enfin ! vous êtes un psychopathe.

- ...

- ...

- ...

- ... excusez-moi. Je m'emporte. Je ne sais pas trop ce que je dis.

- Prenez le temps.

- Enfin, c'est que... personne ne me laisse jamais parler. On ne me laisse rien dire. Je n'ai ni le droit de penser, ni le droit de réfuter. Dès que j'acquiesce, le monde s'accorde pour dire que je suis. Dès que je contredis, on me dit que je suis marginal. Je n'ai aucune issue.

- Les extrémités ne sont faites que pour être contournées. Chaque Homme voit son destin éparpillé et ses regrets dispensés, à chaque heure de sa vie. Ne regrettez pas : vous vous fourvoieriez. Croyez en vous plus qu'en vo/s/tre dieu/x. Croyez-en vos yeux."


14 mars 2015

Dialogue rendu

Reflets adoucis par la bruine qui perce l'air, nos corps se mêlent et se dispersent en lambeaux étincelants.

Pareille à tes premiers jours, tu ris et ton sourire se dessine comme une vague imprécise et irrégulière sur tes contours. Tes yeux sont mauves, hier ils étaient roses. Demain, ils seront blancs.

Les atours de ta parure me laissent de marbre, mais la manière dont tu les portes me ravit. Sanguinolents, mes vêtements coulent sur mon corps brut et me donnent l'allure d'un pantin en mal d'amour. Nous nous ébréchons sur la vague des sonorités, comme les traces de salive sur tes lèvres, que je distingue grâce aux néons fluorescents de l'endroit. Tu ris à  nouveau. Je me sens bien.

***

Tu ressembles à un taureau monté sur du marbre ; une statue figée et qui se module en libérant du plâtre à chaque mouvement. Nous étions deux, au départ, puis la brise m'a prise et j'ai pris les formes du vent. L'air libre et le son m'animent, mes articulations craquent doucement. Tes yeux sont gris, hier ils étaient bleus, demain ils ne seront plus. Nous nous démenons au milieu de la foule, main dans la main, manants improbables au coeur de l'arène. Je rêve de toi, puis j'ouvre les yeux : tu n'es plus là.

***

Quelques frissons me parcourent l'échine, coulent le long de mon épaule puis de mon bras, font vibrer mes doigts. Je perce dans le milieu, mais ça ne m'enlève pas mes douleurs de corps. Je grandis, et j'ai de plus en plus mal. Je crois que c'est ça, le temps. Quelques bourrés s'affriolent, à gauche, à droite, s'embrassent, viennent puis repartent, en une danse imprécise et irrégulière. Sur tes contours. La drogue remonte le long de mes veines, fait pulser mes vaisseaux, et le mien, mon cerveau, ma barque abîmée, se noie et se repaît de cette longue attente, au milieu du rien, au coeur des symboles et des franges épanouissantes. 

***

Je n'étais pas grand chose, auparavant. J'avais vaguement minaudé à droite, à gauche, embrassé des garçons et renvoyé certains au placard. Hier, je me souviens que j'avais peur, timide, peur du tout et des folies de nuit. Hier, tu n'étais pas là. J'avais décidé que je ferai quelque chose, quelque chose de grand, je voulais. J'avais peur. Hier, tu étais apparu, mais bon... tu n'étais pas là. Je crois bien qu'on appelle ça un souvenir. "Souvenir"... oui, c'est ça : un sou-ve-nir. Le mot est bizarre, il coule dans ma gorge et puis remonte jusqu'à mes lèvres, maquillées d'un rouge à lèvre clair. Je me suis faite culbuter dans tous les sens, sur des parfums aux effluves scandinaviennes. Près de la mer. Cette odeur de poisson mort qui flottait dans l'air. Le remous des vagues, l'écume sur les braises du sable froid. La nuit.

*****

R.E.T.O.U.R.S.




Je ne veux plus te voir. Plus entendre parler de toi. Plus te sentir. Laisse-moi. Laisse-moi... s'il te plaît...

La courbure de tes seins... ce doux relief.... je ne veux plus le voir. Je ne veux plus en entendre parler. Autour de moi, en moi, en dehors. Tu me détruis. Je t'aime à en crever.

Je ne veux plus te voir. Plus entendre parler de toi. Plus te sentir. Laisse-moi. Laisse-moi... s'il te plaît...

Médolie, je t'aime, et j'en meurs. Je ne sais plus quoi faire de mes dix doigts... je ne sais plus regarder les gens. Je ne sais plus voir les femmes. Ca me détruit. S'il te plaît ; disparais. Laisse-moi sombrer idiot au milieu des foules. S'il te plaît.

Je suis con, un abruti.

Je ne veux plus te voir. Plus entendre parler de toi. Plus te sentir. Laisse-moi. Laisse-moi... s'il te plaît...

En bas, ici, ils me racontent des histoires : je n'écoute pas. Enfin, si, j'essaie, mais... je ne comprends rien. Je pense à toi dans le RER. Je prie pour toi dans le bus. Je crie ton nom dans ma tête quand je fais le trajet entre l'arrêt de bus et le boulot. Je me tais quand j'y arrive. Je crève pendant sept heures.

Je sors, je pleure ton nom.

Je ne veux plus te voir. Plus entendre parler de toi. Plus te sentir. Laisse-moi. Laisse-moi... s'il te plaît...

Tes chorégraphies dansent dans ma tête. Je rêve de toi ; je me réveille : tu n'es pas là. Je meurs. J'en crève. Bordel. Nous avons gâché tant d'espoirs...

Médolie... tu résonnes en mon crâne même. Tu stimules mes neurones. Puis mes neurones meurent. Tu n'es pas là. Je n'y crois plus, tu ne vois rien, tu ne viendras pas. Médolie...

Je souffre. Tellement.

Je ne veux plus te voir. Plus entendre parler de toi. Plus te sentir. Laisse-moi. Laisse-moi... s'il te plaît...

Le Ballantines coule dans ma gorge à l'heure où j'espère que tu liras ces lignes. Non, je n'ai rien pour toi. Rien ; pas de richesse indécente, pas de malaises hitlériens ; pas de dénégations imbéciles. Je n'ai rien pour toi.

Médolie...

Médolie...

Tu ne m'entends pas. Les prostituées et leurs macros turcs se bousculent au palier. Les blondes se trémoussent sur la musique stupide du club. Je bois une autre gorgée. Non, Mélodie, non... tu n'es pas là. Je te reverrai dans mes cauchemars.. tu te tapes un beau parisien autiste, et je n'ai pas le droit de critiquer... je suis une poule jetée au milieu de coqs en rut, en sachant très bien que je n'ai rien à voir avec la poule...

Echos.

Images.

Souvenirs.

Médolie, tu me détruis. Encore maintenant.  J'en ai parfois envie de crever, comme jamais auparavant. Tes caresses... tes mains ; tes doigts ; tes mèches projetées en arrière, sur le matelas, tes halètements invertébrés, nos jouissances nocturnes... tes lèvres dressées en un dernier soupir, pendant que je projetais les miennes dessus... où es-tu, Médolie ?

... je n'entends plus que des ombres, tangentes absurdes et avalées par la douce lumière du crépuscule... où-es tu, Médolie ?

Je t'aime.

Je t'aime.

J'ai perdu la vue en te voyant, la première fois, remontant ce couloir telle une sirène fachiste.

Je suis tombé amoureux de ton corps.

De ton âme.

Je ne suis plus rien que des mots... et moi... maintenant... je dois me reconstruire... courage... regarder d'autres femmes... essayer de les voir malgré les larmes qui coulent au creux de mes yeux... ces paires de seins... c'est toi... ces fesses... je veux les tiennes. Ces yeux... ces lèvres pulpeuses... non... je ne veux plus y penser. OUBLIE-MOI.

Je ne veux plus te voir. Plus entendre parler de toi. Plus te sentir. Laisse-moi. Laisse-moi... s'il te plaît...

Mal de tête. Je prie ton nom. Tu ne viens pas. Je me décide à t'oublier.

Je ne veux plus te voir. Plus entendre parler de toi. Plus te sentir. Laisse-moi. Laisse-moi... s'il te plaît...

On me raconte des histoires à ton sujet.

Certains ont même vu des photos Facebook.

Tu embrassais un autre garçon.

Médolie... je savais que tu étais perdue... mais à ce point-là... non, je ne peux plus rien pour toi, Médolie.. tu es allée trop loin. Tu as voulu me tromper, me faire rougir, puis me rejoindre... Médolie.. je connais les sentiments humains par coeur... tu croyais que ça marcherait... Médolie... Médolie... une gamine, tu es...

Quelques coups s'effritent sur la porte de mon appartement. Probablement la poste... un colis pour le voisin... un voisin mécontent... quelques coups sur la porte... le passé qui ressurgit... BOUM BOUM BOUM ; alors j'y vais, lent, mou, arriéré... j'y crois : j'ouvrirai, tu seras en face, avec ton bagage. Tu me diras :

"Je t'aime. Je suis désolée. Je ne savais pas qui tu étais.

- Je crois...

- Je t'aime. Je t'aime.

- Souvenirs...

- Je t'aime ; je t'aime : je t'AIME.

- ...mes souvenirs... mes âmes... vous mes bonheurs... je parle tout seul.

- Je..

- Nubile puissance en rut, daignant porter tes yeux manichéens sur mon sort putride ; lacéré deçà, delà, delà, deçà, au travers même de l'univers... l'Univers... Parallèle... et moi, parallélépipède rectangle jeté à ton  propre sort... toi qui me détruis et me hais ; puis m'admire le jour suivant."

Et puis la porte décalée, le livreur me toise de son air mongolien :

"Ein Paket fur Ihre Nachbar."

Je pleure.

Je ne veux plus te voir. Plus entendre parler de toi. Plus te sentir. Laisse-moi. Laisse-moi... s'il te plaît...

"Oui, oui, je prends... je lui donnerai. Oui, une signature... ah, pardon ! j'ai tiré à côté ! bon, je signe encore alors : hop, signature ! c'est bon, monsieur. Ja, ja, tschüs, danke, tschüs."

 La porte se referme, à ce moment-là... vois-tu simplement ce que tu détruis... je ne crois pas.

Je ne veux plus te voir. Plus entendre parler de toi. Plus te sentir. Laisse-moi. Laisse-moi... s'il te plaît...

13 mars 2015

Les Bubons

Scories enfin rejetées sur le bord des rivages, mes souvenirs édulcorés s'abandonnent à leur propre déchéance. Pour une fois, je n'ai pas à m'en préoccuper.

Fort de la puissance brute que me procurent mes réminiscences, je tourne la tête vers l'avenir et me brûle presque les yeux en croisant le regard du soleil levant. J'étais projeté vers l'est, il faut dire que je m'étais mis du mauvais sens.

Quand je pense à demain, je ne vois rien d'autre que moi-même. Je n'ai ni projet, ni ambition, ni parti pris, ni obsolescence programmée. Je me distingue de mes pairs par ma multitude, mais je les rejoins puisque, comme eux, je me pose sur les cordes qu'ils se jettent entre eux. Il y a un je-ne-sais-quoi de risible dans cette situation, mais je ne permettrais pas de critiquer. Après tout, j'ai bien vécu ce genre de situations. Il y a quelques années. Plusieurs années.

Alors, je continue de tourner la tête vers demain. Je ne vois plus ceux qui se rejettent contre le rivage, instamment, violemment, en pleurant leur propre déchéance. Mais ils l'ont voulue. Ils la veulent encore aujourd'hui.

Demain, il fait beau.

Parce que mes douleurs sont instables, et mon art transitoire, je peux jongler avec l'un ou l'autre comme bon me semble. Il va sans dire que les fièvres matérielles animent et habitent mon égo ; et il est irréfutable que je ne peux dénier ni mes devoirs, ni mes aspirations. Mais j'ai la puissance du choix, et la maîtrise de l'habitus : et pour ces ces jours à venir, je crois que ça suffira.

Un homme m'a dit, dans dix ans :

"Monsieur, je suis désolé, votre crédit est rejeté."

Je lui répondrai :

"Vous rejetez beaucoup de choses : vous êtes donc de ceux qui appartiennent à mes récits antérieurs, et vous sombrerez avec eux."

L'homme ne dit plus rien. Il ne dira plus rien.

J'estime qu'il n'est pas nécessaire pour moi de vous conter de jolies fables ou de gais souvenirs, puisque cela ne vous est en rien utile. J'envisage qu'il vous soit possible, tout comme je le ferai, de développer vos talents personnels et de vous plonger au coeur du vice. En tout cas, je l'espère. Mais pour autant, je ne serai guide, ou porteur, que si vous appréciez ma condition. Et pour cela, point de marketing, ni de méthodes euphorisantes voire dogmatiques : la vérité même suffira. Dans quelques années, vous serez vous aussi sobres et conscients, et peut-être affleureront à la surface de votre esprit ces mêmes bulles qui guidèrent le mien, lorsque, écrivant ces lignes, je projetais mon âme plus avant. Pour l'heure, les beaux discours, je les laisse aux vidéastes amateurs leaders patentés et peu tentants, avide de supériorité et d'intellectualité primaire.

Le soleil brille déjà, quelques bubons métaphysiques flottent nonchalamment dans l'air ; et les premiers bourgeons, déjà éclos, promettent aux bourgeois de belles aventures à venir.

Je suis seul, la science en ébullition, le corps en tension, reposé mais actif, et puisant dans mes réserves.

Je suis seul, et fier de l'être.