Qui suis-je ?

Qui suis-je ?
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21 mars 2015

J'ai la Réponse #2 : "à quoi s'abandonner ?"

"Monsieur ?

- Hm ?

- Vous souvenez-vous du goût de l'amour, du vide qu'il procure, et des sensations qui accompagnent le désistement de l'être aimé ?

- ...

- ...

- Oui, bien sûr. Je dois dire que cela m'est un cas familier. Il n'y pas d'autres alternatives que d'accepter l'échappement progressif de l'être dit comme aimé. Un peu à la fois, les souvenirs arrêtent de tanguer, un peu à la fois... et puis l'on distingue mieux la clarté pure et simple de la lune.

- Mais...

- Je vous écoute. Vous semblez comme avoir besoin de parler. Posez vos questions.

- Non, je n'ai pas de questions, monsieur. Je n'ai que des interrogations. Tenez, par exemple : comment fait-on pour laisser échapper cet être aimé ? ou bien : comment cet être aimé fait-il pour être si cruel, si cruel qu'il lui est impossible de laisser partir l'autre ? ou encore...

- ... j'ai bien compris. Premièrement, sachez que l'être aimé ne l'est jamais vraiment. Vous vous aimez vous-même ; et vous ne ferez toujours que de même. L'Autre, dans son langage, vous touche et vous perturbe, mais il ne vous comprend pas ; ne vous comprendra jamais - moi-même, je ne vous comprendrai jamais. L'être ne s'échappe pas de vous-même : il a besoin de vous. C'est pour ça qu'il vous colle, vous susurre, vous suce l'âme outre mesure. Ensuite, sachez que rien n'est plus cruel pour celui qui a besoin d'amour que de se voir rejeté. Pensez-y à deux fois, puis considérez que vous pouvez, finalement, être pour quelqu'un un rempart, un ajout, une solution. L'être qui cherche quelque chose peut voir en vous un remède : donnez-lui la cure, l'antipoison. Puis attendez. Attendez de voir s'il le mérite vraiment.

- ...

- Vous restez perplexe.

- Oui. Je ne comprends pas tout. Etre aimé ? Etre aimé ? tous ces mots m'échappent, m'indisposent, j'ai comme l'impression que nous n'avons pas le droit.

- Quoi donc... enfin, que voilà ! n'avons-nous pas le droit de violer, peut-être ; si nous ne l'avons pas, alors nous n'avons jamais été enfants ! et foetus ! le viol fait partie intégrante de l'humanité. Le viol, au sens où on l'entend, n'est qu'une infiltration soudaine et subite nécessaire au progrès de l'humain. Ceux qui y voient un acte bestial et amoral ne comprennent pas le sens premier du mot ; rien ne pardonne l'acte physique qui contraint un Homme à l'attouchement sexuel. Mais, spirituellement, le viol est une constante que tout physicien ou homme de lettres - de politique - ne peut dénier.

- Comment ! mais vous entendez-vous, monsieur ? enfin... que dites-vous... et... comment ai-je pu vous poser mes questions ?! enfin ! vous êtes un psychopathe.

- ...

- ...

- ...

- ... excusez-moi. Je m'emporte. Je ne sais pas trop ce que je dis.

- Prenez le temps.

- Enfin, c'est que... personne ne me laisse jamais parler. On ne me laisse rien dire. Je n'ai ni le droit de penser, ni le droit de réfuter. Dès que j'acquiesce, le monde s'accorde pour dire que je suis. Dès que je contredis, on me dit que je suis marginal. Je n'ai aucune issue.

- Les extrémités ne sont faites que pour être contournées. Chaque Homme voit son destin éparpillé et ses regrets dispensés, à chaque heure de sa vie. Ne regrettez pas : vous vous fourvoieriez. Croyez en vous plus qu'en vo/s/tre dieu/x. Croyez-en vos yeux."


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