J'étais jeune. Je ne savais rien de ce qu'était la Femme. Je découvrais avec passion les premiers émois, les premières élucubrations nocturnes, lorsque l'être aimé s'éloignait au-dehors des confins connus de la pensée religieuse et sexuelle. A ces époques, je me souviens que mon sexe m'apparaissait comme un outil futile et discordant : que chaque chose que je faisais n'avait aucun lien quelconque avec tout ce que les autres voyaient comme sous-entendu.
J'étais jeune. Et, malgré moi, je le suis toujours. J'ai découvert avec passion les premiers émois, mes premières aventures journalières, lorsque l'être aimé ouvrait ses yeux près des miens. A ces époques, je me souviens que mon sexe s'épanouissait en lambeaux discousus mais pour autant empreints de joie : que chaque chose que je faisais était pour ma Elle comme un Moi plein de sens ; entendu.
J'étais jeune. Et je le suis toujours. J'ai découvert avec passion la mort et l'oubli, le mensonge et la honte, la haine, la négation - pour certain - du pardon ; lorsque l'être, qui avait été aimé, pensait trouver ailleurs tout ce que j'avais déjà créé pour lui. A ces époques... à ces époques... je me suis envoyé en l'air, explosé l'âme et l'esprit, ai laissé derrière moi ma jeunesse, tué pour rien, et, surtout ; surtout ! j'ai oublié qui j'étais, qui je pouvais être ; à quel point je pouvais me voir dans une glace en sachant que tout allait bien.
J'étais jeune. Et je... je... qui suis-je ? comment ? une ombre ? mais vous ? vous ? quel âge avez-vous ? et puis, quoi ? qui vous anime ? qui vous guide ? d'où venez-vous ? et Elle ? et Moi ? nous deux, où sommes-nous ?