Qui suis-je ?

Qui suis-je ?
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18 juillet 2015

Histoire en deux bouts

"Assis !"

Le chien ne bougea pas.

"Assis !"

Jean-Jacques trépigna une nouvelle fois, jura quelques mots en espagnol, langue qu'il ne connaissait pas, puis se tripota les lèvres du bout du pouce et de l'index.

"Bon sang, se dit-il à lui-même, j'ai pourtant fait comme la procédure l'indiquait. J'ai acheté un chien, je lui ai donné un nom, et puis je lui ai donné un ordre. Mais rien n'y fait ! il n'obéit pas. J'ai sûrement dû rater quelque chose quelque part... mais quoi ? et puis à quel moment ? j'ai tout fait correctement ! je n'y comprend rien."

A l'autre bout de la cour intérieure de l'immeuble, le lourd battant de bois bascula lentement, et une petite voiture s'engagea sur le pavé, dans sa direction. Elle trottina doucement, son moteur cahotant, puis s'arrêta en face de Jean-Jacques. La petite brune grosse et laide qui en sortit lui serra la main d'un air entendu.

"Bonjour, Jean-Jacques.

- Salut, Roberte.

- Comment vas-tu ?

- Oh, tu sais... il y a que mon chi... eh !"

Jean-Jacques eut un sursaut inquiet, et lâcha d'un coup la petite main moite et grasse de Roberte, qui eut un mouvement de recul face à tant d'impulsivité de la part de ce garçon, d'ordinaire assez calme.

"Qu'est-ce qu'il y a ? Un problème ?"

Jean-Jacques regardait partout autour de lui, siffla très fort avec ses deux index, puis se massa les doigts maculés de salive dans les cheveux, qu'il avait de plus en plus rare, ces derniers temps. Il fit trois fois le tour de la cour en s'expliquant :

"Mon chien... mon chien... j'ai acheté un chien... il était là il y a une seconde, et je ne le vois plus... Roberte, je suis désolé, c'est mon chien... vous savez... oh, c'est affreux ! il a sûrement dû s'échapper quand vous avez ouvert la porte de la rue."

Et, prononçant ces mots, il s'élança tambour battant vers le battant toujours ouvert.

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