Rien. Un coup de chance, un miracle : R-I-E-N. La mousse qui surplombait le fossé avait probablement encaissé le choc, et il ne roulait pas si vite que ça, donc tout s'était bien terminé. La carrosserie avait quelques bleus, mais rien n'était brisé et aucune pièce ne semblait avoir réellement douillé. Franck redémarra et repartit sur la petite route de campagne, assez rapidement, à plus de 90km/h, jusqu'à ce qu'il percute la petite vieille et la tue sur le coup.
"Bon."
"Commençons."
"Jusque là, d'après vous, pourquoi elle est morte ?
- Parce que le type l'a percutée ?
- Parce qu'elle avait médit sur lui ?
- Parce que le destin voulait qu'il la tue ?
- Oh, là ! hé ! pas tous à la fois. Alors : il la percute, simplement, il la tue : action, réaction. Elle avait médit sur lui : cause, conséquence. Le destin voulait qu'elle meure, foi en Dieu. Autre chose ?
- Parce qu'elle est morte ?
- Elle est morte parce qu'elle est morte ? Pas bête. Précise.
- Ben, chef, elle est morte. Donc, elle est morte. Je vois pas où chercher ailleurs.
- Très bien, t'es bon toi. Précise ton exemple. Donnes-en d'autres. On va voir si tu tiens la route sur la durée.
- Chef, je veux bien, mais je crois pas que ça vaille. Il est bon parce qu'il est bon, il a gagné parce qu'il a gagné, bla bla bla. On peut toujours faire ça. On peut aussi toujours intellectualiser. Moi ce que je dis, c'est que dans ce cas-là, elle est morte parce elle est morte. Si elle était morte parce qu'elle était vivante, il y aurait un problème. Mon cas, il se classe pas dans une case. Il se classe pas parce que j'ai raison, c'est tout. Autre chose, chef ?
- Oui, autre chose. Si elle est morte parce qu'elle est morte, comment tu expliques que le cosinus de la racine carrée de 13 soit zéro ?
- Parce que Donald Duck, chef."
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