L'Homme normal répondra : moi. Je suis moi et rien d'autre, je suis le type qui bouge ses bras et qui parle, qui mange de la viande de boeuf et vote UMP - enfin, "LR".
Ou bien il dira : je conduis un tracteur et j'ai une barbe rousse, j'écoute du Julien Doré et je suis pour le PS. Enfin, François Hollande.
"Qui suis-je ?" résonnera en écho comme une question mal posée, formulée, une oblitération de l'esprit bloqué par un trop-plein d'air.
En laissant le temps à "qui suis-je" d'avorter sa propre réalité, tu lui donneras pourtant un tout autre atour ; il deviendra une vérité et une réalité à laquelle tu pourras t'accrocher.
"Kisuije ?" dira le juif en clair manque de cours de français.
"Qui suis-je ?" aura depuis bien longtemps résonné en échos comme une question mal formulée, que certains autour de toi auront eu raison d'elle, et étalé au grand jour leurs résultats indémontrables, irréfutables, non-plus-prouvables que seuls eux auront pu les comprendre (sic) ; et, face à tant de vergogne, tu n'auras eu de cesse que de chercher la petite bête, mais non, il était bien trop tard - ils avaient tout trouvé. Ils connaissaient le "qui suis-je" et ses allitérations passées, et savaient très bien comment te dire qui tu étais, et qui tu finirais. Non pas comment, mais bien qui. Ils auraient parlé pour dix, t'auraient prédit ton avenir.
"Qui suis-je ?" est une réponse pour qui se pose la bonne question. Qui suis-je en vers ou en prose, pour oser douter de mes pairs, quand la seule raison de douter vient de moi ? Je ne suis que cet air, embêtant et morose, qui s'étend sous la terre, délétère sanglot.
Réponse :
"Qui suis-je ?". Eh bien, tu es toi.
Et c'est tout : tu es toi.
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