Que dire quand je respire de toi ? quand tes yeux et notre souvenir remontent en ligne droite jusqu'au creux de mon coeur ? qui suis-je quand tu n'es pas là ? qui suis-je quand la face verte de ton âme me laisse, abruti, brute sanguinaire, travestie et désossée au coeur du parterre dangereux de la vieillesse sourde et mélancolique ?
Un beau-frère respire à mes côtés, sa respiration violente me brise le coeur et l'esprit... ah, oui ! encore le coeur ; toujours le coeur ! je ne suis qu'une femme, je n'ai pas voulu ça. Ai-je seulement eu le choix ?
Qui aimer ?
Qui aimer quand tu n'es plus là ? quand nos charniers incendiaires s'éteignent en cendres voluptueuses, que ton esprit quitte le sol, et que tes bras m'abandonnent ? qui suis-je quand tu n'es pas là ? qui suis-je quand les soupçons volatiles de la miséricorde s'esquissent en nuées dénuées de sens ?
Une belle-soeur recrache mon langage vulgaire et mes mots, en fait des araignées débiles qui courent le long des murs ; remontent jusqu'au coeur. Ah, oui ! le coeur ! une belle fois, le coeur ! je ne suis qu'une femme ; je n'ai pas écouté la teneur de vos propos blets et vides de sens. Ai-je seulement choisi ?
Le truc ?
Comment parler, quand tu n'es plus là ? quand nos corps se séparent, quand la douce flamme du sud gagne nos âmes, que nos esprits soudoyés respirent enfin ? que les putains que tu baisais te laissent dans le caniveau ? comment aimer, si tu ne sais pas que dire ? et, puis, comment être seule ?
Les mêmes questions remontent en bouche à chaque fois que tu ouvres la tienne, que tu déballes le même beau discours, que tu rejettes en toi-même les penchants versatiles et les crânes idées ; que tu crois être le seul, cet homme magnifique que j'ai connu un jour et qui depuis ce jour ne fait que tomber, tomber, tomber.
La même haine me saisit quand je relis tes lignes, quand ; au fil du discours ; je découvre que tout ce que tu as fait n'était qu'une erreur, une blague en soi, un gag aux contours biscornus, une douce insomnie sanguine et méchante, un faux-semblant tarifé à mon compte à un prix qui défie tous ceux existants. Quand, au fond de toi, je ne vois qu'une pâle copie de moi-même.
Quand, au fond de toi, je ne vois qu'un reflet !
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