Qui suis-je ?

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09 octobre 2014

Mon Verre est vide

J'ai descendu la première bouteille il y a quelques heures, alors que Coca affichait ses pubs sous mes fenêtres, elles-mêmes clignotant sous les spasmes luminescents des ampoules de la pharmacie d'en-bas.

Aujourd'hui, mon verre est vide.

Je cherche en moi les quelques restes de cet alcool qui devrait me porter.

(et moi en moi les quelques traces du THC ingéré lorsque j'ai tapé le dernier joint...)

(ou bien moi, sur le bord des toilettes, cette jolie poudre blanche...)

(un prochain Mac Do dans deux heures, oui, je crèverais pour... mais ils sont déjà fermés)

(non... elle dort maintenant... demain, je pourrai la niquer... demain... dormir, maintenant...)


Plus de cigarettes... plus de gras... ni drogues, ni alcool...

... ni gens.

Plus aucune dépendance, être soi, être soi-même : libre.

Oh, qu'elle est belle la liberté. La liberté sans quoi que ce soit.

Je cherche en moi les quelques restes de cet alcool qui devrait me porter.


Au fond de moi, je cherche les marques d'insouciance qui me guidaient autrefois. La puissance, la sensibilité, le charisme, la disparité des goûts et des couleurs, la nonchalance quant à l'avenir qui s'annonçait, l'amour du son pour le son, et surtout, le prisme de la vie qui se décuplait sans mensonges, qui mettait en lumière l'avenir et ses doigts tendus vers les miens comme pour me happer...

Aujourd'hui, mon verre est vide.

Je suis jeune, tellement jeune, c'est injuste ; je n'ai pas connu les guerres, le vrai Amour, la vraie Amitié, les rues pavées pleines de gens, je n'ai pas connu l'alcool entre gens propres sur eux ; je n'ai connu personne de vrai, que des clones, que des idiots, affublés du statut d'idiot, je n'ai vu que mes propres chaussures, que les leurs, moins sales que les miennes, sans aucune chance de changer les choses ; et moi, perdu, sans être capable de contredire l'avenir, moi qui voulais dire oui, sans être capable de le faire, moi ! oui moi ! qui étais prêt à me laisser avaler par ce qui se dressait devant moi...

Mon verre est vide.

Aujourd'hui.

Vous croirez que quelque chose de neuf apparaît... ces cons ne comprennent rien. Vous faites partie des cons. Je devrais créer un personnage pour vous dire ça, mais j'en suis las. Vous êtes totalement cons, vous et vos pairs, et ceux qui en réchappent n'ont plus la force de distinguer ce qu'ils sont de ce qu'ils ont oublié.

Vous ne savez plus ce que vous faites, mais tout ce que vous savez, c'est qu'...

Aujourd'hui, votre verre est vide.

Eh oui...

C'est affreux.

Et si vous trouvez ça affreux, vous êtes encore plus pitoyables.

Je vous déteste, vous les désespérés. Crevez maintenant, vous nous foutrez la paix, vous nous laisserez l'espoir.

Même si le verre est vide.


Vous arrêterez de nous poser en balance vos pseudos-douleurs, vos fausses amertumes, vos sentiments édulcorés. Nous cesserons d'avoir à la peine vos douleurs incongrues et irrationnelles ; et, enfin, nous cesserons d'avoir à nous demander si nous sommes coupables de la volonté intrinsèque qui nous anime et qui nous fait dire que, même si le verre est vide, non, nous ne voudrons jamais être esclaves de vos conneries artificielles, jamais, jamais, nous ne céderons face à l'absurde de vos dires intelligibles.

Le verre est foutrement vide, maintenant.

Je rebois en rêves ce que j'ai ingurgité quelques minutes plus tôt...

Tout a disparu. Il n'y a plus rien. Vous comprenez peut-être, enfin, ça y est : c'est fini. Oui. Oui.

Vous voulez me plaindre, maintenant, sûrement.

S'il vous plaît, laissez-moi ma hargne : remontez au début.

Et remplissez mon verre.

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