Qui suis-je ?

Qui suis-je ?
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07 mars 2014

La Clope au Bec #9

Aparté -

A nouveau, il apparaît essentiel au narrateur de cette pluralité de récits d'apporter quelques précisions typologiques qui serviront, c'est une quasi-certitude, le lecteur dans ses tentatives de compréhension d'une histoire qui paraît n'avoir aucun fondement correct.

Tout d'abord, il est à noter que le temps du récit considère une refonte géopolitique de l'Europe. En 2045, l'Espagne, le Portugal, et le Maghreb appartiennent en effet à deux fédérations distinctes : celle de l'Espagne du Nord, et, assez logiquement, celle de l'Espagne du Sud.



La première englobe le nord de l'Espagne, au-dessus de Saragosse, et trace une bande horizontale vers l'ouest jusqu'au Portugal, lui-même partie de cette Fédération - ainsi que l'archipel des Açorres. Sa capitale est Barcelone, prisée par les jeunes touristes en quête d'alcool, de jolies filles, et de soirées tardives.

La Fédération de l'Espagne du Sud démarre à peu près au niveau de l'Andalousie, là où, paradoxalement, les Ottomans avaient tenté d'entrer en Europe - et avaient d'ailleurs plutôt bien réussi. A l'endroit du redouté détroit de Gibraltar ont été construit deux ponts : l'un, sur l'eau ; le second, au-dessous (au cas où le premier viendrait à s'effondrer - hypothèse évidemment impossible, étant donné la nature des matériau utilisés ; mais deux précautions valent mieux qu'une). De là, la Fédération s'étend à l'est jusqu'à Oran. La Fédération du Sud courait auparavant jusqu'à Constantine, mais plusieurs insurrections ont débutées en 2039, et ont repoussé les espagnols au-delà d'Alger. Sa capitale a été Séville jusqu'à cette date, puis il fut décidé que Tanger serait un meilleur centre de coordination des troupes face à ces révoltes.

Il est très important de noter que, suite à des affrontements nucléaires survenus dans les années 20, le centre de l'Espagne n'est plus qu'un désert, de Cordoue à Saragosse. Madrid n'est plus que poussière.



A quelques kilomètres au-dessus des ruines, la prison qui a été édifiée en 2033 était considérée, jusqu'en 2045, comme un centre de sécurité destiné aux violents récalcitrants, aux détraqués mentaux, et à d'autres, plus sains, dont on estimait que l'exposition à des radiations permettrait d'amener au monde scientifique de bons sujets d'étude. M. Grant, le prisonnier qui apparaît plus haut dans le récit, est l'un de ceux-là.

A l'inverse, M. Guaspinzi, décrit dans le récit comme une brute d'une violence infinie, était tout à fait indiqué pour appartenir à la première des catégories.

Si le narrateur se permet d'écrire que cette prison "était considérée, jusqu'en 2045", vous comprendrez qu'il évoque évidemment le lieu qui ouvre ce récit ; lieu qui ne pourra, au premier regard, plus être utilisé à des fins de confinement - nous reviendrons là-dessus plus tard.


Avant de poursuivre la narration de cette succession de récits qui commencent à devenir croisés, il apparaît également d'une importance fondamentale de revenir sur la manière dont M. Grant a réussi à retrouver le reste du groupe des prisonniers ; ainsi que sur les raisons qui ont amené M. Paul Desna, notre journaliste et présentateur des Journaux Européens, à quitter la capitale du Pays en autoplaneur pour rallier Bierge, où il aurait, il semblerait, sauvé la vie de MM. Paul Tandoin et Gary Vocra, respectivement ancien milliardaire grâce à de nombreuses fraudes fiscales, exilé du Pays pour tenter de considérer une portion infime de son pécule, et son avocat, bénéficiaire d'une récente avance extraite de ce pécule, qui l'amène à allouer ses services à M. Tandoin pour quelques mois encore.

M. Grant a ainsi réussi à rattraper la "meute", comme la définit M. Guaspinzi, à l'aube du sixième jour de marche. Si cela ne s'est pas exactement passé comme il l'espérait (voir plus haut), il lui a tout de même été posé cette fameuse question, qu'on pourra dactylographier et traduire, en français, par : "est-ce que c'est toi qui a descendu les tantes ?" - par "tantes", il faudra entendre "gardiens", puisque ce terme a commencé à être utilisé dans de nombreuses prisons du sud de l'Europe à partir de 2030 - ses origines restant inconnues. Fabricio Grant a évidemment répondu "non", du moins pour l'instant. Se sachant plus pondéré et réfléchi que ses comparses, il estime qu'il pourra tirer un avantage du fait que la plupart le considèrent comme l'un des détenus les moins dangereux. M. Grant est à présent embarqué dans un autoplaneur, en compagnie de M. Guaspinzi, à la poursuite de nos trois autres protagonistes.


 

Nous en venons donc à M. Desna, que nous avions quitté plus tôt alors que son téléphone sonnait, promettant un rebondissement qui était censé "tout changer". Quelle en était la nature ?

Eh bien, au risque de décevoir le lecteur, il sera malheureusement impossible au narrateur de répondre à cette question. M. Desna semble en effet être le seul au courant de l'identité de son correspondant, et il est encore, à l'heure actuelle, impossible à un écrivain de placer ses personnages sous écoute ; ce qui nous aurait permis, vous vous en doutez, d'en apprendre un peu plus long sur les raisons de ce voyage non prémédité et d'une importance incontestable dans le déroulement de notre trame scénaristique.

Le narrateur s'excuse par avance de ce manque d'informations. Des investigations sont en cours.

Dans l'attente, il vous est proposé de poursuivre votre lecture.

Cordialement,

M. Narrateur

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