Qui suis-je ?

Qui suis-je ?
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12 avril 2015

#5 Intermède - COURSE A LA LIBERTE

Je n'ai que ça. Que l'écriture. Comme miroir de moi-même, déformation tonnante aux allures de faux bouquet trop garni... peut-être souhaiterai-je compenser mes défauts, mes faiblesses, mes peurs et mes mauvais atours.

Je n'ai pas peur ; peur de rien. Ni de la mort, ni de l'amor : au contraire. J'aime écrire ces choses, les développer, les faire ployer sous ma volonté, parce que, avant toute chose, ça me fait un bien fou. J'aime les gens dans leurs folles espérances, et quand j'aime comme ça : j'écris.

Je n'ai été moi-même dans aucun de mes textes, et je ne le serai jamais. Je suis et resterai l'ombre lascive qui vous masse les reins les soirs de fatigue, vous fait pleurer quand tout va bien, et vous énerve beaucoup. C'est comme ça, c'est un fait. Mes créations et mes peintures textuelles découlent de ça, puis se mêlent à des doses plus ou moins modérées de fiction. Je ne parle jamais vraiment de moi : je me l'interdis.

Je cours pour ma liberté, aussi courte fusse-t-elle.

Grandiloquents châteaux, architectes reconvertis, patrons stressés de la Défense, petit stagiaire apprenant, ou viril tête de gland destinée à briller au travers des femmes, puceau invétéré étourdi par les lueurs du sexe féminin ; joyeux gai-luron ou triste sire, paumés du coin, pour un temps, ou paumés d'ailleurs, pour toujours - voire l'inverse -grandes causes et petits tracas, manque de papier-toilette, femmes nues, hommes habillés, population en mouvance dans son être-même sans en avoir confiance, reflet terni : je suis tout ça, mais je ne le suis pas. Je le crée.

Vous savez, je ne demanderai d'once de savoir à personne. Je continue à croire en moi. Les tombes fleuries sont un prétexte à la déchéance involontaire : de mes écrits, je fais naître l'impossible, le surréel, je ne m'échappe pas - aucune raison de le faire -mais je disloque et détruis vos faux-semblants. C'est un plaisir serein, voilà tout.

Je ne veux rien de plus, non pas parce que je me restreins, mais parce que je sais que j'ai déjà touché l'essentiel. Vous direz "mégalo narcissique", je vous présenterai mon miroir, et je vous demanderai :

"Ai-je l'air, dans la glace, si terne que tu ne reconnais même plus ton propre visage ?"

Affabulateurs précoces, droitiers menteurs et purgeant leur peine, soliloqueurs professionnels, bêtas taraudé par les épreuves de la vie, grandes écoles, petits collèges, RMI ou impôt sur la fortune : je ne suis dans aucune case.

Je ne cours pas, je n'aime pas le jogging et je déteste les joggers. J'ai toujours considéré ces pratiques comme représentatives d'un manque d'amour. Je n'aime pas ces répétions, ces fausses séances de sport, où l'on court dans la rue en prenant les passants pour des escargots avachis. Tout cela m'exaspère.

Je ne veux pas vivre avec vous, ni avec eux, ni avec moi-même. Ca ne m'intéresse pas, ça ne m'a jamais intéressé, et ça ne changera pas. Je ne veux pas d'ami, pas d'amour, pas de sexe opiniâtre. Je n'en ai pas besoin.

Je fais ma course à la liberté.

Secouez les barreaux de votre cage, mais, avant toute chose : voyez-le. L'Homme se croit libre, l'Homme se croit maître de son destin, de ses pairs, de lui-même. Et un jour, tout cela s'effondre. On ne rencontre plus que soi, au travers des geôliers, les distances s'amenuisent ; et ne changent pas ! non ; ce n'est que ce on qui déforme la réalité. Vous n'êtes pas libre : moi oui.

Si vous l'étiez, vous écririez aussi.

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