Un dernier sursaut abruti, 7:01 sonnent au réveil.
Imprégné de mes rêves, emmêlé au creux de mes songes, je laisse mes cils palpiter, puis mes paupières se lever, et, enfin, le fond de ma pupille se rétracter pour percevoir le gris terne du plafond qui, ne me renvoyant pas mon image, m'y laisse pourtant y penser, puisque, tout comme lui, je suis fixe et immobile.
Me voilà bon pour me lever, et, dans quelques minutes, m'imaginant debout, patraque et ready à pratiquer je-ne-sais quelles positions loufoques ; le temps de verser mes céréales, de retourner la brique de jus d'orange, d'ouvrir un tiroir à gauche, à droite, deux ou trois tours, puis m'asseoir pour enfin tenter d'assimiler ce que je finirai par digérer - si mon estomac le permet.
Mais pour le moment, je ne peux que me retourner sur le côté. Je veux dormir encore. Je profite de la chaleur que j'ai diffusé toute la nuit, je profite de mes draps, les miens, à moi, seul, A MOI, A MOI, A MOI, et du fait d'être enfermé. Je me sens tellement bien que je me rendors presque ; puis il y a ce stupide réflexe qui me fait ouvrir les yeux à nouveau, me jeter sur le côté, en dehors du matelas, pour m'y asseoir, oh ! grand dieu ! quel bordel dans ma tête ! combien de bières ai-je bu hier... ouais, bref.
19:30 - ça y est, maison.
Je me souviens que, dans les rêves, les gens pensent que, tous les soirs, une entité mystérieuse les tire du lit pour les mener vers la gloire, l'argent, le succès, etc., etc..
Ca me fait bien rigoler, quand je sais que toutes ces choses, je les ai à portée de main mais que je suis prêt à y renoncer, pour la simple raison que, justement, elles sont proches. Alors que d'autres crèvent chaque soir de ne pouvoir les approcher.
Vous ne voyez pas ce que je veux dire... there's really no place you can go... j'ai croisé la célébrité, l'amour, la gloire, la richesse ; j'ai vu les pêchés et les lovés aujourd'hui ; j'ai vu les Vines et les Instagrams ; j'ai croisé du regard toutes les nouvelles applications pour téléphone que vous utiliserez dans dix mois ; j'ai embrassé votre amant de l'année prochaine, parlé à votre futur DRH, probablement couché avec celle qui vous donnera des enfants, et, épuisé, je suis rentré chez moi.
Et, après tout ça, vous cherchez encore ce que je côtoie...
... vous devriez vous sentir abrutis, franchement.
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