Qui suis-je ?

Qui suis-je ?
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18 août 2014

... et je leur rends bien

Je revois tes yeux, scintillants dans le bleu de la nuit, purs comme deux opales qu'on aurait dégraissées à un comptable avare et affable.

Plus le temps passe, plus il ne semble plus, mais bien : je me rends compte, que ces deux yeux n'ont jamais fait autre chose que croire qu'ils pourraient m'appartenir.

J'ai été chercheur de pierres précieuses, du temps où cela ramenait encore quelque chose à son propriétaire. A l'heure où nos doux espoirs d'argent poussaient encore nos fats séants à se mouvoir pour aller quérir, quelque part, de ce doux feu sous-jacent, censé attiser nos coeurs et déprimer nos hémisphères cérébraux...

De nos jours, je n'y vois plus que la représentation défraîchie et adultère de la jeunesse édulcorée qui, fort de ses penchants antisémites et anti-systèmes, se délasse dans des eaux impures, et se défait des carcans qui, autrefois, à l'image des boussoles qui guidaient nos pères, emmenèrent nos âmes souillées au plus profond des quartiers où nous devions, finalement, trouver l'amour.

Je n'ai de pitié que pour ceux qui arrivent, ceux qui deviennent adultes, aujourd'hui, pour deux raisons précises :

1. ils arriveront bien trop tard, auront raté la chute du Mur et les inimitiés américaines du pré-2001 ; n'auront qu'à se projeter dans un futur incertain, à la recherche du prochain attentat qui ravivera leurs coeurs ;

2. ils seront nés bien après moi, moi et mes frères, qui aujourd'hui passons pour plus âgés qu'eux, alors que nous avons, malgré tout ce qu'Ils pensent, la jeunesse éternelle, la fraîcheur de vivre, le luxe d'avoir connu 80, sous les auspices des soixante-huitards, au-dessus de la coupole de l'après-guerre et des froids hivers, en face, enfin, du rock'n'roll si bruyant et de la variété, délicate comme une pêche melba se targue de connaître la dame blanche ; et, puis, pour achever l'affaire : jamais ils ne comprendront qu'un téléphone portable n'est dans la main qu'un pénis atrophié, alors que nous-mêmes, puceaux soudain pris dans la force de l'âge, nous ne penchions ni pour l'amour physique, ni pour son équivalent numérique, mais bien pour la reconnaissance consciente de notre être, fils de petits-fils, et parents à venir ; alors qu'eux, ne trouverons de repos que lorsque leur troisième bras leur présentera un port USB pour whatsapper avec leurs proches parents : des inconnus éparpillés aux quatre coins du globe.

D'aucuns m'appelleront "jaloux", malmèneront mon être, saliront mon passé...

Saliront mon passé...

Alors, je pourrai crever ! 

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