C'est sans espoir. Il y a trois jours que Damien marche, mais aucun signe de vie. Depuis hier soir, il est pris de rêveries involontaires. Le passé l'appelle, et il disparaît à moitié, ses jambes seules le portant au milieu des branches d'arbres, sur le tapis de feuilles de la forêt.
Il s'est réveillé là. Et s'il ne sait plus qui il est, il veut trouver des réponses, à commencer par la première : comment sortir d'ici. Comment éviter le regard vicieux et malin de ces corbeaux, qui rodent au sommet des arbres, pailletant la lumière de leurs mouvements d'ailes ?
L'angoisse fait place à la sérénité, à la paix. Il n'y a pas de doute chez Damien ; c'est ce qui le porte - c'est sa faiblesse. C'est sans espoir.
Soudain, un mouvement vif chatouille la rétine du jeune homme. Il lève la tête et aperçoit un cerf, qui s'arrête et hume l'air. De ce vis-à-vis, lui retient le même sentiment de paix noble, d'humilité ; l'animal perçoit la froideur et la mesquinerie, et se détourne. Lui n'y peut rien : c'est un animal. L'autre... est ainsi par nature.
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