Tu as voulu me tuer, je ne t'en tiens pas rigueur, et si je l'exprime aujourd'hui aussi, c'est que je sais que je n'aurais pas pu te tuer, toi aussi. Redondance.
Enfin, je vais tourner, en rond, rond, rond, et je déteste ça. Oui, je t'aime, toi qui me lis, et je n'arrive plus à te haïr, qui que tu sois. C'est drôle, l'effet des années. Il semblerait que mon personnage devienne - crois-le, ou non - peu à peu, moi.
Je crois que c'est ça qui me redonne la force d'écrire. La redondance. La répétition.
Tu peux raconter n'importe quoi à un lecteur, pourvu qu...
"... qu'il quoi ?
- Tu recommences ? je croyais que tu étais crevé !
- Crevé ? moi ? mais, mec, tu peux me suivre pendant dix ans que je serai jamais crevé !
- Prouve-le.
- J'avais voulu faire "..." comme à l'ancienne, comme d'habitude, jouer le débile. Je me souviens de toi, quand tu écrivais tant ; tu passais de la musique et les mots défilaient comme par magie. Ca n'est plus pareil maintenant ; si la musique ne te fait plus rien ; tu n'écris plus non plus. Je me trompe ?
- Il n'y a donc plus rien qui te ressemble ?
- Si, il y a toi.
- Et moi, qui suis-je ?
- Je suis toi. Je suis ces mots et ces abruptes envies, ces volatiles conneries qui ne seront jamais dites ; ou au contraire : ces stupidités affolantes que tu brasses contre vents et marées, toujours seuls, de toute façon personne ne t'écoute, toujours affriolant et médusant les méchants et les raies soeurs, tes discours enragés et enflammés contre l'audit apporté par une quelconque destructrice goule solitaire qui sera prête à mettre tes gentils arguments à mal. Que lui rétorqueras-tu ?
- Que je t'aime, fais-moi un bisou.
- Un bisou ? pourquoi ? t'es qu'une merde.
- Tu pêches par ton bon vouloir.
- Et toi, par la reconstructuration soudaine de ton esprit. Je refuse toute discussion avec toi.
- Ah ! Alors, adieu, le monde, adieu, moi-même, si je me perds dans ce type de débats. Bonne chance à qui veut bien y foutre les mains. Et mes amitiés aux perdants.
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