Quand je me réveille, tout est toujours pareil. J'avais cru que tu viendrais chercher au fond de mon corps la finalité qui semblait pousser tes yeux et ton sexe vers le bas de mon bassin, mais rien n'y a fait. Tu as fondu là comme un bout de carton mouillé par l'eau. Comme un légume cuit.
Ils m'avaient dit que tu mentais ; c'est vrai : je le savais. Tout a une fin. Ils avaient dit que tu venais du Nord. Que l'Ouest ne compterait pas. Que mon intellect et mes doux cheveux bruns pourraient frôler les tiens. Avaient-ils menti ? Auraient-ils osé mentir ? Vraiment ?
Vraiment ? Des menteurs ? Des voix dans ma tête ? Les gens mentent-ils donc, même quand il s'agit d'amour ? Je t'avais aimé, moi... et pourtant... tu es parti. Tu as trop écouté. Tu as trop cru ce qu'ils disaient. Tu étais un beau parleur, un grand menteur. Tu disais savoir ! moi, je t'ai écouté. J'étais jeune, j'avais, quoi... dix-sept, dix-huit ans ? seize ? quinze ? qui étais-je ?
L'eau repasse sous mes doigts. Mes pupilles impriment. Mon cerveau aussi. Mon cerveau égal à celui d'un garçon. Tout repasse sous mes doigts. La joie et la tristesse de nos années passées, de nos confidences échangées, les utopies créées comme des chimères égarées au fin fond d'un zoo universel. Presque extraterrestre. Aujourd'hui...
Il ne reste plus que des cendres. Je fais loin de toi ma vie. Et je suis sûre que toi, loin de moi, tu fais ta vie mieux que moi. Car c'est l'orgueil qui me porte, et la soif de réussite. Et, quand je me demande, les soirs de lassitude, qui guide réellement mon existence, je ne sais plus si c'est le pognon ou l'amour qui l'ont emporté.
Quand, loin de toi, je ressasse mon reflet et je ne revois qu'une ombre plate et inopportune.
Quand, loin de toi, je ne vois qu'un reflet !
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